Un anniversaire marqué par les résultats exceptionnels de la campagne agricole 2017-2018 et la venue d’intervenants internationaux de haut niveau pour échanger sur le rôle essentiel de la jeunesse dans l’agriculture

La dixième édition des Assises de l’Agriculture, organisée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu l’Assiste, a ouvert ses travaux lundi 23 avril 2018, à Meknès, autour du thème : «La jeunesse, principal moteur et bénéficiaire de développement agricole».

Organisé depuis 2008 par le ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, cet événement de référence du secteur agricole aux niveaux national et international permet chaque année d’exposer le bilan du Plan Maroc Vert, ses réalisations et les orientations stratégiques pour l’avenir de l’agriculture marocaine, dont le modèle de développement économique et social est considéré comme une référence.

Lors de ce rendez-vous majeur de l’agriculture au Maroc et dans le monde, marqué par la présence d’intervenants de haut niveau et d’éminents experts, M. Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, a dressé le bilan définitif de la dernière campagne agricole. Celle-ci a été marquée par une production céréalière exceptionnelle de 98,2 millions de quintaux, s’inscrivant parmi les niveaux records.

Cette performance a été réalisée grâce à un rendement moyen record de 21,8 Qx/Ha en augmentation de 23% par rapport à la campagne précédente, et ce, en dépit d’un démarrage difficile caractérisé par le retard des pluies d’automne.

Jeunesse et développement agricole

Pour marquer ses 10 ans, les Assises de l’Agriculture a proposé cette année une réflexion autour de la thématique : «La jeunesse, principal moteur et bénéficiaire de développement agricole». M. Aziz Akhannouch a rappelé que «le Plan Maroc Vert, depuis son lancement en 2008, a largement favorisé l’accès des jeunes à l’agriculture. Il a facilité l’accès au crédit, soutenu l’entrepreneuriat en agriculture et développé la formation, tant dans l’enseignement supérieur et technique que dans la formation professionnelle.»

Pour son homologue ivoirien, M. Mamadou Sangafowa Coulibaly, ministre de l’Agriculture et du Développement Rural, «pour que les jeunes s’intéressent davantage à l’agriculture, il faudrait que ce secteur soit davantage créateur de valeur ajoutée pour eux.» Selon le ministre français de l’Agriculture et de l’Alimentation, Stéphane Travert, le véritable défi de l’emploi des jeunes ruraux porte sur le renforcement des compétences : «Le premier pilier de ce nouveau pacte agricole doit être basé sur la formation agricole et rurale.»

Josefa Leonel Correia Sacko, commissaire à l’Economie Rurale et à l’Agriculture au sein de la commission de l’Union Africaine, a pour sa part déclaré que «l’Afrique a tout le potentiel et toutes les possibilités pour parvenir à une transformation inclusive de l’agriculture. C’est pourquoi, les Etats doivent œuvrer pour la création de conditions à travers des plans nationaux destinés à l’investissement agricole avec des incitations pour faciliter l’accès des jeunes au secteur.»

Une décennie de performances

Depuis sa mise en œuvre en 2008, le Plan Maroc Vert a impulsé une dynamique sans précédent en matière de généralisation des techniques d’irrigation économes en eau, d’extension des superficies sous irrigation et de promotion du partenariat public-privé en irrigation.

A ce propos, M. Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, a indiqué qu’à fin 2018 «la superficie couverte par l’irrigation localisée devrait atteindre 590 000 hectares.»

Les retombées positives de ces transformations des systèmes d’irrigation se font d’ores et déjà sentir, avec une nette amélioration de la productivité des terres irriguées, une augmentation des revenus des exploitations agricoles ainsi que des économies d’eau réalisées, qui avoisinent 1,6 milliard de mètres cubes chaque année. Ce volume est équivalent au stock d’eau disponible dans un grand barrage ou égal à 250 000 hectares d’oliviers irrigués.

A l’échelle sectorielle, 105 milliards de dirhams d’investissements ont été injectés dans le secteur agricole depuis 2008, avec plus de 250 000 nouveaux emplois créés depuis 2008. La superficie globale plantée s’établit à 415 000 hectares à fin 2018.

Défis actuels et futurs

Cette année, deux tables-rondes ont permis d’échanger sur l’avenir du secteur agricole. La première table ronde ministérielle, qui a pour thème : «Vers un new deal agricole de la jeunesse rurale», a connu la participation de Mme. Josefa Leonel Correia Sacko, commissaire à l’Économie Rurale et à l’Agriculture au sein de la commission de l’Union Africaine, M. Stéphane Travert, ministre français de l’Agriculture et de l’Alimentation, Mme Isabel Garcia Tejerina, ministre espagnole de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Alimentation et de l’Environnement, et M. Mamadou Sangafowa Coulibaly, ministre ivoirien de l’Agriculture et du Développement Rural.

Six spécialistes reconnus ont pris part à la seconde table-ronde tenue autour du thème : «Innover pour la jeunesse : solutions durables pour l’agriculture.» Il s’agit de M. Ousmane Badiane, directeur Afrique de l’International Food Policy Research Institute à Dakar, M. Simon Winter, directeur exécutif de Syngenta Foundation for Sustainable Agriculture à Bâle, M. Mamadou Biteye, directeur du bureau régional Afrique de The Rockefeller Foundation à Nairobi, M. David Robalino, jobs manager à la Banque Mondiale à Washington, Mme Houda Boulhit, jeune entrepreneur agricole à Dakhla, et M. Zakaria Kadiri, enseignant chercheur à la Faculté des lettres et sciences humaines Aïn-Chock à Casablanca.

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