Agriculture bio ... Eldorado ou mirage?Dossiers

Trouver du bio, c’est encore une galère !

Bien qu’il existe une demande nationale potentielle importante, les consommateurs peinent toujours à trouver les produits biologiques. Pour les professionnels, la commercialisation reste toujours un des maillons faibles de la chaine.

Avec le covid-19 et la recherche d’habitudes alimentaires saines, il y a eu, indéniablement une augmentation croissante de la consommation de produits issus de l’agriculture biologique. Toutefois, comme le souligne Reda Tahir, président de l’Union marocaine des producteurs d’agriculture biologique, « la filière n’a pas encore trouvé des ponts solides et fluides entre le producteur et le consommateur final pour que le produit puisse circuler facilement et soit proposé au meilleur prix ». Pour l’heure, les débouchés demeurent limités au sein d’un « réseau pas vraiment organisé pour acheminer un produit du producteur jusqu’au consommateur », regrette Charif Guessou, un opérateur du secteur. « La difficulté persiste surtout pour la commercialisation des produits bio frais », précise-t-il.

Des magasins spécialisés
D’après AFC-FiBL-INRA, le marché local compte actuellement entre 10 et 15 supermarchés, magasins, restaurants et magasins virtuels spécialisés dans la vente des produits biologiques. La demande se concentre essentiellement sur les grandes villes du pays (Casablanca, Rabat, Marrakech) pour des produits frais et des produits typiques du Maroc (fraise, abricot, paprika, ail, kummel, curcuma, plantes aromatiques, olives de tables, etc.). Progressivement, les grandes surfaces commencent à réserver des rayons aux produits issus de l’agriculture biologique. L’étude précitée, conclue, sur la base d’une enquête effectuée auprès de quelques professionnels, que 84,61 % des producteurs interrogés utilisent la vente directe pour commercialiser leurs produits. Aussi, 41,15 % vendent leur marchandise à l’export, 26,92 % à travers les GMS et 19,23 % optent pour les magasins et chaînes spécialisés dans la distribution de produits bio. Certains opérateurs préfèrent plutôt passer par les marchés solidaires, la vente sur internet, les salons et les restaurants.

Les grandes surfaces face au frein culturel
Selon une autre étude sur les valeurs de consommation des produits bio et « beldi » au préparée au sein de l’ENCG de Settat : certains consommateurs éviteraient les grands magasins ou les grandes surfaces et préfèrent se tourner vers des réseaux de distribution traditionnels (tels que les marchés, les fermes ou encore les petits agriculteurs qui exposent leurs produits aux bords de la route). Raisons évoquées : une crainte concernant la qualité réelle des produits bio offerts sur le marché intérieur, et une problématique liée aux prix affichés sur les étalages qui ne sont pas à la portée du consommateur moyen. Tahiri, reste catégorique : peu de produits Bio locaux sont aujourd’hui vendus au niveau de la GMS. Pourquoi ? « D’abord pour une question de logistique. Par exemple pour des abricots bio, la consommation doit se faire dans un délai de deux à trois jours au maximum. Comment pourra t-on alors distribuer la marchandise dans ces surfaces à l’échelle nationale tout en respectant ce délai ? Difficile », juge Tahiri qui met l’accent aussi sur le problème de volume de production. « Difficile d’accéder au réseau des GMS quand on a une petite quantité produite surtout pour le frais », déplore t-il. « La politique au niveau des GMS est donc défavorable pour le producteur », estime de son côté, Khalid Azim. Et de détailler, « les GMS imposent aux petits producteurs de bio de passer par un gros fournisseur qui s’occupera de la distribution. Un producteur par exemple à Rabat doit envoyer ses quatre ou cinq petits cartons à une centrale d’achat à Casablanca ce qui complique la tâche. Résultats : plus de marges calculées, plus de temps nécessaire pour la distribution, et finalement un prix encore plus élevé proposé au consommateur ». Solutions préconisées par Tahiri : créer des espaces de proximité de rencontre directe entre les petits producteurs et les consommateurs et ce à l’échelle nationale. Aussi, opter pour des petites structures capables de virer et s’adosser sur des associations régionales pour booster la production et vendre les produits plus facilement. Autre proposition : avoir une maison du bio dans chaque ville, dans chaque village comme c’est le cas pour les maisons de la jeunesse. Pour sa part, Khalid Azim recommande la mise en place des surfaces dédiés au frais bio où les producteurs pourront écouler leurs marchandises (légumes, fruits, poulet, viande…) et rencontrer les consommateurs sans passer par des intermédiaires.

Encadré : L’innovation Marjane
En lançant la gamme de fruits et légumes Filière exclusive M, Marjane a montré qu’il était possible d’allier fraîcheur, respect des normes et distribution de masse. En effet, l’objectif de cette innovation était d’offrir des produits de qualité, frais, sains et strictement contrôlés sur toute la chaine de valeur tout en privilégiant le sourcing local et les circuits courts.
Les cahiers des charges des produits Filière Exclusive M imposent le respect de l’environnement en termes de consommation d’eau, de non pollution des sols, et le respect des normes et règlementations sociales par les partenaires de Marjane qui sont plus de 30 sur les différentes régions du Maroc et plus de 60 produits référencés en magasin qui font partie de Filière Exclusive M.
Aujourd’hui, cette Filière est approvisionnée à partir de 600 Ha de plantations, dont 380 Ha en légumes, et 3000 têtes de bœufs élevées par an.
Pour les fruits et légumes, l’objectif est de passer de 35% d’approvisionnement en 2021 à 60% en 2022.
A noter aussi que 100% du bœuf présent dans les rayons boucheries est sous la marque Filière Exclusive M.

Ces produits sont disponibles exclusivement dans les magasins Marjane et Marjane Market et via l’application de e-commerce alimentaire Marjane. Ils sont reconnaissables au logo affiché sur les rayons fruits et légumes, viandes et poissons d’élevages.

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