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Le rugissement planétaire des Lionceaux d’Or par DalaL Saddiqui

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La nuit du dimanche 19 au lundi 20 octobre 2025 restera gravée dans la mémoire du football marocain, arabe, africain et mondial. À Santiago, au Chili, les Lionceaux de l’Atlas ont défié l’Argentine. Une sélection de rêve qui a montré au monde entier qu’elle ne venait pas en simple outsider, mais pour marquer l’histoire.

L’atmosphère autour de cette finale de coupe du Monde U20 a été exceptionnelle, portée par les supporters marocains qui ont fait le déplacement depuis le Royaume au Chili. La Royal Air Maroc a affrété deux vols spéciaux pour l’occasion, offrant ainsi à 600 fans l’opportunité unique de vivre ce moment historique aux côtés de leur équipe des Lionceaux de l’Atlas. À leur arrivée, ils ont été accueillis par son Excellence l’Ambassadrice du Maroc au Chili, Kenza El Ghali qui, en véritable figure de la femme et de la mère marocaine, les a reçus dans sa villa pour partager un couscous en mode décontracté au bord de la piscine, en compagnie du Président de la Fédération royale marocaine de football, Fouzi Lakjaa et du ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, qui étaient également de la partie. Ces attentions ont contribué à créer une ambiance familiale et festive à la marocaine, à 13 heures de Casablanca. D’ailleurs, durant ce long vol, les supporters ont soudé leurs troupes et se sont mis au diapason en scandant les chansons phares du Mondial du Qatar à l’instar de «Dirou Nyyia» de RedOne et ont même eu le temps d’en composer une nouvelle, déjà devenue célèbre: «Hola Chico, Hola Chica». Ce chant, symbole de fierté et de courage, scande: «Nous sommes le Maroc, nous venons d’Afrique, l’Argentine ne nous fait pas peur, nous sommes des Lions». Ce nouvel hymne a ensuite résonné sur les réseaux sociaux et dans l’Estadio Nacional Julio Martínez Prádanos de Santiago, puis dans les rues du monde entier, galvanisant les supporters qui ont pris le parti du sympathique Maroc contre l’arrogante Argentine.
En effet, l’équipe Albiceleste ne s’est pas fait que des amis dans le public. Six fois champions du monde U20, ces jeunes ont pris l’habitude de se moquer de leurs adversaires et, lors de ce tournoi, après avoir battu la Colombie (1-0) en demi-finale, elle leur a scandé depuis les vestiaires: «Allumez la radio, allumez la télé. On va battre le Maroc».

Une leçon de football
Mais l’équipe de Diego Placente, largement favorite, étaient loin de se douter que sur le terrain, le duo de Lionceaux Yassir Zabiri et Othmane Maamma, déterminés et ne connaissant pas la peur, allaient incarner leur futur cauchemar.
Yassir Zabiri s’est illustré le premier sur contre-attaque, lorsqu’il s’est fait bousculer par le gardien argentin Santino Barbi après l’avoir lobé. Heureusement que l’entraîneur marocain Mohamed Ouahbi a sorti son carton vert et réclamé un carton rouge et un penalty. Après une interminable consultation du VAR, seuls un carton jaune et un coup franc ont été accordés. Mais la déception des Lionceaux de l’Atlas allait être de courte durée.
La première étincelle est venue dès la 12e minute. Zabiri, sur coup franc excentré, a enroulé le ballon du gauche avec une précision chirurgicale dans la lucarne argentine, laissant Barbi sans réaction. Le stade a explosé de joie et les chants des supporters marocains ont résonné dans tout Santiago, au grand bonheur des Chiliens, rivaux historiques de leur voisin et sortis très nombreux supporter les Lionceaux désormais devenus Lions.
La jeune Albiceleste, élevée dans la culture de la gagne, n’ayant pas l’expérience et le savoir-faire de l’échec, un puissant vecteur d’apprentissage pour développer sa résilience, son analyse et sa confiance en soi, s’est retrouvée désorientée face au rugissement marocain.
Et le coup fatal lui a été donné 17 minutes plus tard. Après le travail du capitaine Maamma qui a réussi une incursion sur l’aile droite, et a trouvé l’attaquant Zabiri au second poteau pour inscrire son deuxième but à la 29e, d’une reprise de volée parfaitement ajustée, scellant le score et offrant à son équipe un doublé décisif.
A partir de là les Argentins ont pris un sérieux coup à leur ego surdimensionné. Incapables de briser le mur de défense marocain, ils ont pris possession du ballon et multiplié les tirs non cadrés. Le Maroc a géré la pression grâce à une défense compacte et millimétrée et au Cristiano Ronaldo marocain, Maamma, dont l’intelligence, le sens du placement et la vitesse, ont été déterminants pour dynamiter toute tentative de l’équipe adverse.

Des Lionceaux devenus Lions
En 2e mi-temps, les Albicelestes n’ont toujours pas de solution devant le bloc bas formé par Yassine Gessime et ses coéquipiers. Le jeune ailier du Dunkerque, pièce maîtresse du dispositif de Ouahbi, est capable d’évoluer sur les deux ailes, en meneur de jeu ou même en faux neuf. L’équation est complexe et les Argentins commencent à comprendre pourquoi les équipes marocaines sont des Lions. Calmes pendant de longues périodes et patients lorsqu’ils attendent une opportunité, ils sont rapides et puissants lors de la chasse, en utilisant des techniques de groupe ou individuelles pour se jeter sur leur proie et l’abattre avec précision. Les Lionceaux africains en ont fait la démonstration. «Les Argentins parlent trop, on les a mangés», a d’ailleurs déclaré Zabiri.
De plus en plus désespérés, les Argentins ont tout fait pour provoquer un penalty. Leur entraîneur a même sorti deux fois son carton vert pour des penalty non autorisés, après d’interminables vérifications de la VAR. L’agressivité des argentins est alors montée d’un cran, même vis à vis de l’arbitre, et à mesure que leur sort fatal approchait, ils ont collectionné les cartons jaunes (5 au total alors qu’ils en méritaient bien plus!).

Intelligence tactique et discipline
Malgré toutes ces tensions, l’intelligence tactique des Lionceaux, imperturbables et concentrés, leur a permis de tenir bon jusqu’au coup de sifflet final à la 90+5e minute.
Le temps a paru très long aux fans du monde entier qui ont retenu leur souffle, croisé les doigts et prié pour que le meilleur gagne, celui qui joue en représentant le mieux l’esprit et l’âme du football: le Maroc.
L’équipe de Ouahbi est ainsi devenue la deuxième équipe africaine à remporter la compétition après le Ghana d’André Ayew en 2009 et la première équipe arabe à avoir jamais réalisé cet exploit. «On savait qu’ils étaient très agressifs. C’est comme ça, le football. Ce n’est pas une critique, il nous fallait garder la tête froide. On a marqué rapidement. Nous avons raté des buts pour en inscrire d’autres. Ils ont de très bons joueurs et nous avons très bien défendu», a conclu Ouahbi, tout en mettant en avant l’esprit collectif et discipliné de ses joueurs.

Ballons d’or et d’argent
Après cette rencontre historique, où l’école du football marocain l’a emporté haut la main sur les grandes comme le Brésil, l’Espagne, les Etats-Unis, la France et enfin l’Argentine, les jeunes talents Marocains ont de nouveau prouvé que la discipline et l’esprit d’équipe surpassent les victoires et les trophées arrosés d’insolence et de mépris. Justice a été faite et la liesse a été totale.
Nasser Bourita, affichant un sourire radieux et une joie sincère a remis le trophée de Ballon d’argent à Yassir Zabiri, tandis que Maamma a été élu meilleur joueur de la compétition. Véritable dynamiteur du terrain, il a brillé tout au long du tournoi avec 5 buts et 7 passes décisives en 28 matches avec la sélection marocaine et a largement mérité le Ballon d’Or de cette Coupe du monde U20, rejoignant ainsi des légendes comme Messi et Maradona.
Fouzi Lakjaa, ne pouvait pas être plus fier de ses poulibs et a partagé l’émotion des supporters et des joueurs sur la pelouse, saluant à son tour leur engagement et leur discipline exemplaire.
L’euphorie du sacre des Lionceaux s’est étendue dans les rues de Santiago, et a retenti dans tout le Maroc, de Tanger à Guergarate, ainsi que dans toute l’Afrique et dans le monde arabe, notamment en Égypte, avec des scènes d’intense fierté, des klaxons de joie, et des rassemblements de fête populaire jusqu’au bout de la nuit. S.M le Roi Mohammed VI et S.A.R le Prince Moulay Hassan ont d’ailleurs célébré ce sacre historique aux côtés de leur peuple en prenant un bain de foule dans les rues de la capitale, illustrant la Haute Bienveillance dont Sa Majesté le Roi n’a eu de cesse d’entourer la jeunesse et de soutenir son épanouissement à travers le sport et l’intérêt particulier que le Souverain accorde à ce secteur, et au football en particulier.

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