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VTC au Maroc : vers une régulation sous l’arbitrage de l’Intérieur, sur fond de tensions dans le transport

Uber maroc taxis rouges 5 juillet 2016 service publicUber maroc taxis rouges 5 juillet 2016 service public

Le transport de personnes via applications continue de se développer au Maroc dans une zone grise juridique, alimentant tensions, affrontements et incertitudes sur le terrain. Face à cette situation, les professionnels du secteur cherchent désormais une sortie par le haut : une régulation encadrée par le ministère de l’Intérieur, présentée comme imminente.

C’est dans ce contexte que la Confédération démocratique du transport (CDT) a lancé une initiative visant à faire reconnaître l’exercice du transport via applications mobiles, mais sous une condition : l’autorisation serait demandée pour des chauffeurs affiliés à ses structures, dans une logique d’encadrement syndical. L’objectif affiché est de transformer une activité aujourd’hui largement considérée comme non autorisée en pratique, en un dispositif organisé et contrôlable par les autorités.

Une tentative de “formalisation” du VTC via des demandes individuelles

Selon la démarche rapportée par Al Ahdath Al Maghribia, le syndicat a adressé au début de la semaine des demandes d’autorisation au ministère de l’Intérieur ainsi qu’aux autorités concernées. Le mécanisme repose sur des dossiers individuels, déposés chauffeur par chauffeur, et censés fournir une photographie détaillée de l’activité.

Ces dossiers incluent notamment des informations professionnelles jugées essentielles : années d’expérience, volume de courses réalisées, évaluations clients, horaires de travail, ainsi que des données liées aux plateformes numériques utilisées. Pour la Confédération, il s’agit de fournir aux pouvoirs publics des éléments concrets permettant d’évaluer l’ampleur du phénomène et d’éviter une approche uniquement répressive ou improvisée.

L’Intérieur annonce une réforme globale

En parallèle, le ministère de l’Intérieur confirme que le dossier est désormais traité à un niveau plus structurel. Le ministre Abdelouafi Laftit a indiqué que son département travaille sur une réforme législative et réglementaire globale pour encadrer ce type de transport, avec une ligne directrice : concilier la modernisation des services et le respect du cadre juridique.

L’approche annoncée se veut participative et interministérielle. L’objectif est de mettre en place un dispositif clair pour encadrer l’activité des plateformes qui assurent l’intermédiation entre chauffeurs et clients, tout en garantissant un équilibre entre les acteurs traditionnels et les nouveaux opérateurs.

Sur le terrain, la tension monte et la concurrence reste explosive

Cette accélération intervient alors que le climat se dégrade entre chauffeurs de taxis et conducteurs opérant via applications. Les tensions sont régulièrement alimentées par l’absence de règles communes, le sentiment de concurrence déloyale et la difficulté pour les autorités de contrôler une activité qui s’est installée dans la réalité quotidienne des usagers.

Dans l’attente d’un cadre définitif, le ministère de l’Intérieur indique accompagner les professionnels via des décisions préfectorales visant à encadrer les conditions d’exercice, afin d’assurer le respect des textes en vigueur et la protection des droits des usagers comme des professionnels.

Une ligne partagée : moderniser, mais légaliser

Les syndicats, eux, maintiennent une position double : ils réclament la fin du transport non autorisé et un renforcement des contrôles, tout en affirmant ne pas être opposés au numérique. Leur revendication centrale reste la même : intégrer les applications dans un cadre légal clair, équitable et applicable, seul moyen de stabiliser durablement le secteur et de mettre fin à une situation devenue explosive.

Avec Al Ahdath Al Maghribia

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