À l’approche du mois de Ramadan, le marché du vêtement traditionnel marocain connaît un regain d’activité notable. Dans les médinas comme dans les quartiers commerçants, ateliers de couture et boutiques spécialisées enregistrent une affluence soutenue. Au-delà d’un simple effet saisonnier, cette dynamique illustre l’attachement profond des Marocains à un patrimoine vestimentaire qui reste au cœur de leur identité culturelle.
Selon le quotidien Assabah, le mois sacré constitue un moment clé pour les artisans et les commerçants du secteur. Dans les ruelles des centres anciens, le bruit des machines à coudre se mêle aux discussions animées autour des tissus, des couleurs et des finitions. Jellabas, caftans, takchitas et autres tenues traditionnelles retrouvent une place centrale dans les préparatifs du Ramadan et de l’Aïd.
Pour de nombreux artisans, cette période représente une véritable relance économique. Latifa Al-Marrakchia, propriétaire d’un atelier de couture traditionnelle à Inezgane, explique que la clientèle féminine reste fidèle au sur-mesure, valorisant la qualité du travail artisanal et la précision des broderies. La jellaba féminine brodée figure parmi les modèles les plus demandés, notamment celles réalisées selon les techniques traditionnelles de la « randa » et du « jawhar ». Les prix varient généralement entre 1 200 et 3 000 dirhams selon la complexité de la broderie et la qualité du tissu.
La jellaba « beldia », plus légère et adaptée à un usage quotidien durant le Ramadan, conserve également une forte popularité. Accessible et confortable, elle est proposée entre 600 et 1 200 dirhams. La takchita, particulièrement prisée à l’approche de l’Aïd Al-Fitr, se situe dans une fourchette de 2 500 à 4 000 dirhams. Quant au caftan marocain, il demeure une pièce emblématique. Les modèles simples démarrent autour de 2 500 dirhams, tandis que les créations haut de gamme, confectionnées en soie naturelle et richement brodées à la main, peuvent dépasser les 10 000 dirhams.
Du côté de la couture masculine, la demande est tout aussi soutenue. Mohamed Soufi, artisan tailleur cité par Assabah, souligne que la jellaba masculine reste la pièce phare du Ramadan, notamment les modèles en laine légère ou en tissu « oubar », proposés entre 800 et 2 000 dirhams. Les versions « malaïkia » ou « makhzania », plus travaillées, se situent entre 1 800 et 3 000 dirhams selon le degré de finition artisanale.
Le selham, également appelé burnous, conserve une place particulière lors des soirées ramadanesques et des célébrations de l’Aïd. Symbole d’élégance et de prestige, il est commercialisé entre 1 500 et 2 800 dirhams. Par ailleurs, la « badla traditionnelle », composée d’un qamis associé à un pantalon traditionnel, séduit de plus en plus les jeunes générations. Elle incarne un compromis entre modernité et héritage, avec des prix oscillant entre 700 et 1 500 dirhams.
Malgré la hausse des coûts des matières premières et de la main-d’œuvre artisanale, l’engouement pour le vêtement traditionnel demeure intact. Pour beaucoup de consommateurs, il ne s’agit pas d’un simple achat vestimentaire, mais d’un acte d’attachement aux racines culturelles et au savoir-faire local.
Ainsi, à chaque Ramadan, le vêtement traditionnel confirme son double rôle : vecteur d’identité et pilier d’un écosystème économique vivant. Entre transmission des techniques artisanales et adaptation aux tendances contemporaines, il s’impose comme un patrimoine en mouvement, profondément ancré dans le quotidien des Marocains.
Avec Finances News

