Site icon Consonews – Premier site consommation au Maroc

Made in Morocco : Renault rattache Tanger et Casablanca au pôle ibérique

Jogger sur Ligne de fabrication Usine Renault Group Tanger 1 600x400 - Made in Morocco : Renault rattache Tanger et Casablanca au pôle ibériqueJogger sur Ligne de fabrication Usine Renault Group Tanger 1 600x400 - Made in Morocco : Renault rattache Tanger et Casablanca au pôle ibérique

Un changement discret mais stratégique vient de s’opérer dans l’organisation interne de Renault. Depuis février 2026, les usines marocaines de Tanger et Casablanca relèvent désormais du directeur du pôle industriel véhicule Iberia, José Martín Vega, déjà en charge des sites espagnols de Valladolid et Palencia. Cette réorganisation marque un déplacement du centre de gravité hiérarchique entre les deux rives du détroit de Gibraltar.

Plusieurs sources sectorielles confirment cette évolution, qui s’inscrit dans une logique d’optimisation industrielle et de convergence des performances au sein du groupe. Les usines espagnoles, régulièrement citées comme références internes en matière de compétitivité, bénéficient d’un crédit particulier auprès de la direction. Le directeur général du groupe, François Provost, rappelait récemment que les coûts de production y demeuraient « plus bas que ceux de 2019 ».

L’intégration des sites marocains dans le périmètre ibérique vise ainsi à renforcer l’efficacité opérationnelle, réaliser des économies supplémentaires et élever encore le niveau d’exigence industrielle au Maroc. La gestion des effectifs et la performance organisationnelle figurent parmi les axes de vigilance prioritaires.

Une nouvelle étape stratégique pour le Maroc à horizon 2030

Cette recomposition hiérarchique accompagne la feuille de route fixée au Maroc à l’horizon 2030. Fin octobre dernier, François Provost s’était rendu à Rabat pour signer un avenant à l’accord-cadre d’investissement liant Renault aux autorités marocaines, à l’issue d’entretiens avec le chef du gouvernement Aziz Akhannouch et le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour.

Le groupe prépare l’introduction de nouveaux programmes électrifiés et prévoit d’élever le niveau de qualification des salariés. Un centre de recherche et développement, baptisé Renault Technology Morocco, doit être installé à Tétouan, avec une antenne prévue au sein du complexe industriel de Tanger.

L’objectif affiché est d’atteindre un taux d’intégration locale de 80 % d’ici 2030, contre 65,5 % actuellement (hors organes mécaniques). La valeur générée localement devrait passer de 2,39 milliards de dollars en 2024 à 3 milliards à la fin de la décennie.

Des volumes solides malgré un léger recul en 2025

Les capacités cumulées des deux usines marocaines dépassent les 500 000 véhicules par an. En 2025, la production totale s’est établie à 394 474 unités, en baisse d’environ 5 % par rapport à l’année précédente. Tanger a produit 299 395 véhicules (-4,2 %) et Casablanca 95 079 unités (-6,1 %).

L’orientation exportatrice demeure dominante : 95 % de la production de Tanger et 47 % de celle de Casablanca sont destinées aux marchés internationaux. Au total, 82 % des véhicules produits au Maroc sont exportés vers 63 pays, dont la France, l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne.

Dans le même temps, Renault prépare le renouvellement de plusieurs modèles Dacia assemblés au Maroc, notamment les Sandero, Logan et Jogger. Une version hybride de la Sandero est attendue au dernier trimestre 2026. D’autres modèles électrifiés sont à l’étude, avec une ambition à terme pouvant atteindre 750 000 véhicules par an.

Vers une coordination renforcée entre Maroc et Espagne

L’implantation marocaine du groupe est souvent perçue comme une concurrente sérieuse des usines espagnoles dans l’attribution des futurs programmes, en raison de coûts de production plus compétitifs. Toutefois, Renault met en avant la complémentarité géographique entre les deux pays, qualifiée de « chance » pour l’Espagne, notamment grâce aux liens tissés avec des fournisseurs établis au Maroc.

À travers cette réorganisation, le constructeur au losange semble vouloir renforcer la cohérence de son dispositif industriel ibérique élargi, en harmonisant les forces des sites espagnols et marocains. L’objectif affiché est de bâtir un ensemble plus intégré, plus compétitif et plus stable sur le long terme, dans un contexte de transformation profonde du secteur automobile.

Avec Barlamane

Quitter la version mobile