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Commerce : Mezzour pousse à l’innovation face à la pression de la digitalisation

À Marrakech, le ton est donné : le commerce marocain ne pourra pas échapper à sa transformation. À l’ouverture du Forum national du commerce, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a appelé les commerçants à s’adapter en profondeur aux mutations du secteur, marquées notamment par la digitalisation et l’évolution des circuits de distribution.

Le commerce de proximité reste, selon lui, un pilier économique et social, en raison de son rôle dans l’accès aux services de base et sa proximité avec les citoyens. Mais ce modèle est aujourd’hui confronté à des changements structurels qui imposent de nouvelles pratiques, en particulier sur le plan technologique.

La question du paiement électronique illustre ces difficultés. Malgré des solutions adaptées au contexte local, leur adoption reste limitée. En cause : une équation économique défavorable pour les petits commerçants. Avec des marges situées entre 4 et 6 % sur les produits de première nécessité, les coûts liés aux transactions électroniques peuvent absorber jusqu’à une grande partie des bénéfices, freinant leur généralisation.

Face à cette contrainte, des discussions sont engagées avec plusieurs partenaires pour alléger ces coûts et rendre ces solutions plus accessibles, notamment pour des usages courants comme la recharge téléphonique.

Parallèlement, la modernisation des infrastructures commerciales avance. Le pays compte environ 1.200 marchés, dont près de 300, en majorité en milieu rural, font actuellement l’objet de programmes de mise à niveau. Cette démarche vise à améliorer les conditions d’exercice du commerce avant une extension à l’échelle nationale.

Sur le plan réglementaire, les autorités cherchent également à mieux structurer le secteur. Un guide dédié aux activités non réglementées est en cours de déploiement afin de clarifier les conditions d’exercice. Il introduit une classification distinguant les activités soumises à simple déclaration, celles nécessitant un cahier des charges et celles requérant une autorisation préalable.

Cette réforme s’inscrit dans une logique d’équilibre entre simplification administrative et respect des exigences de sécurité, de santé et d’ordre public. Elle vise aussi à offrir aux collectivités territoriales des outils plus lisibles pour organiser les activités économiques.

Organisé sous le thème «Commerce du Maroc 2030», le forum ambitionne de préparer le secteur aux transformations à venir. Au-delà du diagnostic, l’enjeu est désormais clair : accompagner la transition sans fragiliser un tissu commercial encore largement dominé par de petites structures, tout en intégrant progressivement les nouveaux standards d’un commerce plus digitalisé et structuré.

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