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Carburants : Fettah écarte l’idée d’oligopole, un discours contesté sur fond de vie chère

Devant la Chambre des représentants, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a rejeté l’idée d’un marché des hydrocarbures dominé par quelques acteurs, défendant une lecture fondée sur le nombre d’opérateurs en présence. Selon elle, la notion de concentration ne s’applique pas à un secteur où plus d’une dizaine d’entreprises sont actives, un argument qu’elle considère suffisant pour écarter toute suspicion d’oligopole.

Cette approche a toutefois suscité des réserves. Plusieurs voix estiment que la structure réelle du marché ne se limite pas au nombre d’acteurs, mais s’apprécie aussi à travers les rapports de force, les parts de marché et les comportements tarifaires. L’alignement fréquent des prix, la faible variation entre opérateurs et la rapidité avec laquelle les hausses sont répercutées, contrastant avec des baisses plus lentes, alimentent depuis plusieurs années des interrogations persistantes.

Face à ces critiques, la ministre a rappelé que le secteur est libéralisé depuis plus d’une décennie et qu’il fait l’objet d’un suivi régulier. Elle s’est également appuyée sur les travaux du Conseil de la concurrence, tout en affirmant que les autorités restent mobilisées pour prévenir d’éventuelles pratiques spéculatives.

Sur la question du pouvoir d’achat, le discours se veut plus nuancé. Nadia Fettah reconnaît l’impact direct de la hausse des prix des carburants sur le coût de la vie, notamment à travers le transport. Elle évoque un contexte international marqué par une forte augmentation des prix du pétrole, attribuée en partie aux tensions géopolitiques, et rappelle l’effort financier de l’État, estimé à 1,6 milliard de dirhams par mois.

La réponse publique s’inscrit, selon elle, dans une logique d’équilibre entre impératif social et contraintes budgétaires, sans qu’un cadre d’analyse détaillé ne soit explicitement présenté. Dans le même temps, la ministre met en avant un choix stratégique : accélérer le développement des énergies renouvelables plutôt que relancer des capacités de raffinage, une orientation de long terme qui ne répond pas directement aux tensions actuelles sur les prix.

En toile de fond, le débat dépasse la seule question des hydrocarbures. Il renvoie à une interrogation plus large sur la régulation des marchés, la formation des prix et la capacité des politiques publiques à atténuer les effets d’un contexte international volatil sur le quotidien des ménages.

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