Marchés de gros : une nième réforme en préparation

Le ministère de l’Intérieur finalise un projet de loi destiné à moderniser les marchés de gros des fruits et légumes, un secteur stratégique pour l’économie marocaine. Porté par Abdelouafi Laftit, ce texte vise à remplacer un cadre juridique jugé dépassé et à introduire davantage de transparence, de traçabilité et d’efficacité dans le fonctionnement des marchés.
Élaboré en coordination avec les ministères de l’Agriculture et du Commerce, le projet de loi est actuellement en phase de finalisation avant sa transmission au Secrétariat général du gouvernement. L’objectif affiché est d’adapter l’organisation des marchés de gros aux évolutions du secteur et de répondre aux limites structurelles des infrastructures actuelles.
Parmi les principales mesures prévues figurent la planification préalable des infrastructures, la définition des équipements et services de base, ainsi que la mise en place de nouveaux mécanismes de contrôle et de gestion. Le texte ambitionne également d’améliorer l’organisation des circuits de commercialisation et de renforcer la gouvernance des marchés.
En parallèle, le ministère poursuit la restructuration du réseau national des marchés de gros afin de mieux couvrir les zones de production et de consommation. Un marché de nouvelle génération est actuellement en construction dans la région de Rabat, tandis que les études techniques concernant les projets de Meknès et Berkane sont déjà achevées. D’autres infrastructures sont programmées dans les régions de Marrakech-Safi, Souss-Massa, Béni Mellal-Khénifra et Casablanca-Settat.
Dans l’attente de l’adoption du nouveau cadre légal, une circulaire ministérielle a été adressée aux walis et gouverneurs pour suspendre l’organisation de concours destinés à la nomination de nouveaux mandataires. Les renouvellements de mandat sont désormais limités à des périodes de trois mois maximum.
Le ministère travaille également sur la mise en place de systèmes d’information modernes permettant de suivre le parcours des produits, de contrôler leur qualité et de limiter le rôle des intermédiaires spéculatifs. Cette digitalisation fait partie des leviers identifiés pour améliorer la transparence et fluidifier les circuits de distribution.
Une circulaire publiée en 2024 fixe déjà les normes techniques et organisationnelles des futurs marchés de nouvelle génération, avec l’objectif d’éviter la reproduction des dysfonctionnements observés dans le modèle actuel.
Le réseau national compte aujourd’hui 38 marchés de gros, traitant près de 3,5 millions de tonnes de fruits et légumes par an, soit environ 30 % de la production nationale. La réforme engagée par le ministère est ainsi présentée comme un chantier majeur pour la modernisation de la filière agricole et des circuits de distribution au Maroc.
Avec L’Economiste

