Consommation des ménages: un net ralentissement en 2025 malgré la reprise économique

Alors que l’économie marocaine a enregistré une croissance de 4,9% en 2025, la consommation des ménages montre des signes d’essoufflement. Les derniers comptes nationaux publiés par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) révèlent en effet un net ralentissement de la demande des ménages, dans un contexte pourtant marqué par une meilleure campagne agricole et une inflation plus maîtrisée.
Les dépenses de consommation finale des ménages et des institutions sans but lucratif au service des ménages n’ont progressé que de 1,2% en 2025, contre 2,9% une année auparavant. Leur contribution à la croissance économique s’est ainsi limitée à 0,7 point, loin du rôle moteur qu’elles jouent traditionnellement dans l’économie nationale.
Ces chiffres traduisent une certaine prudence des consommateurs marocains. Malgré l’amélioration de plusieurs indicateurs macroéconomiques, les ménages semblent continuer à arbitrer leurs dépenses avec précaution, dans un contexte où le pouvoir d’achat reste marqué par les effets cumulés des années d’inflation et de sécheresse.
Le ralentissement de la consommation contraste avec l’évolution de la demande intérieure globale, qui a progressé de 6,1% en 2025. Cette performance a toutefois été portée principalement par l’investissement et les dépenses publiques plutôt que par la consommation des familles.
En effet, la consommation finale des administrations publiques a augmenté de 5,1%, contribuant à hauteur de 0,9 point à la croissance. Surtout, l’investissement brut a enregistré une progression spectaculaire de 16,3%, représentant à lui seul cinq points de croissance.
Cette configuration illustre un changement de moteur dans l’économie marocaine. Là où la croissance repose habituellement sur la consommation des ménages, ce sont désormais les investissements publics et privés qui soutiennent l’activité économique.
Pour les observateurs, l’enjeu des prochaines années sera de transformer cette dynamique d’investissement en création d’emplois, en amélioration des revenus et, à terme, en relance durable de la consommation. Car si les grands chantiers stimulent aujourd’hui la croissance, celle-ci ne pourra pleinement bénéficier aux citoyens que lorsque les ménages retrouveront davantage de confiance et de capacité de dépense.
Les données du HCP montrent ainsi un paradoxe économique : le Maroc connaît une accélération de sa croissance, mais les ménages ne participent que modestement à cette dynamique, signe que la reprise n’est pas encore pleinement ressentie dans le quotidien des consommateurs.plois.
