Épargne: les Marocains mettent davantage de côté, mais le besoin de financement du pays augmente

L’épargne nationale a enregistré une nette progression en 2025, atteignant 31,1% du produit intérieur brut (PIB), contre 29,4% une année auparavant, selon les derniers comptes nationaux publiés par le Haut-Commissariat au Plan (HCP).
Cette évolution intervient dans un contexte marqué par un ralentissement de la consommation. La consommation finale nationale en valeur n’a progressé que de 3,6% en 2025, contre 6,1% en 2024. Cette modération des dépenses a contribué à accroître la part des revenus consacrée à l’épargne.
Les chiffres du HCP montrent ainsi que les ménages, les entreprises et les administrations ont consacré une part plus importante de leurs ressources à l’épargne, malgré une croissance économique plus soutenue. Cette tendance s’explique notamment par une progression des revenus plus rapide que celle des dépenses de consommation.
Le revenu national brut disponible a augmenté de 6,2% en 2025. Bien qu’en ralentissement par rapport aux 8,3% enregistrés en 2024, cette évolution a été soutenue par la hausse de 6,5% du PIB aux prix courants ainsi que par l’augmentation des revenus nets reçus du reste du monde.
Cette amélioration du taux d’épargne constitue généralement un indicateur positif pour l’économie, puisqu’elle renforce la capacité du pays à financer ses investissements à partir de ressources internes.
Toutefois, cette progression n’a pas suffi à couvrir entièrement les besoins de financement de l’économie nationale. En effet, l’investissement brut a atteint un niveau particulièrement élevé, représentant 33,6% du PIB en 2025.
L’écart entre l’épargne disponible et les investissements réalisés s’est ainsi creusé. Le besoin de financement de l’économie nationale est passé de 1,2% du PIB en 2024 à 2,5% en 2025, traduisant un recours plus important aux financements extérieurs pour accompagner la dynamique d’investissement.
Ces données confirment un double mouvement observé en 2025: d’un côté, une progression de l’épargne favorisée par le ralentissement de la consommation, et de l’autre, une forte accélération de l’investissement qui continue de nécessiter des ressources financières supplémentaires pour soutenir les grands projets de développement engagés à l’échelle nationale.
