
Le Conseil de la concurrence a publié son reporting relatif au quatrième trimestre 2025 concernant les sociétés de distribution de carburants ayant conclu des accords transactionnels avec l’institution. Les données montrent que les neuf principaux distributeurs ont dégagé une marge commerciale brute moyenne pondérée de 1,23 dirham par litre pour le gasoil et de 1,85 dirham par litre pour l’essence.
Ces chiffres interviennent dans un contexte où la question des prix des carburants reste au cœur du débat public, plusieurs formations politiques et organisations syndicales réclamant davantage d’encadrement du marché afin de limiter l’impact de la volatilité internationale sur le pouvoir d’achat des ménages.
Selon le Conseil de la concurrence, les marges brutes sur le gasoil ont évolué à la baisse sur la majeure partie du trimestre. Elles sont passées de 1,29 dirham par litre au début du mois d’octobre à 1,20 dirham début novembre, avant de remonter temporairement à 1,41 dirham lors de la deuxième quinzaine de novembre. Elles ont ensuite reculé progressivement pour atteindre 0,87 dirham par litre à la fin du mois de décembre, soit le niveau le plus faible observé durant la période.
L’essence continue pour sa part d’afficher des marges supérieures à celles du gasoil. Elles se sont établies à 1,99 dirham par litre au début du mois d’octobre avant de diminuer progressivement pour atteindre 1,58 dirham à la fin du trimestre. En moyenne, l’écart entre les marges de l’essence et celles du gasoil a atteint 0,62 dirham par litre.
Au-delà des performances des opérateurs, ces chiffres alimentent une question centrale pour les consommateurs : celle de la transmission effective des baisses des cours internationaux aux prix affichés à la pompe. Les défenseurs d’un plafonnement des marges estiment que les distributeurs disposent encore d’une marge de manœuvre suffisante pour réduire davantage les prix de vente, alors que les professionnels du secteur rappellent que ces marges brutes ne correspondent pas à des bénéfices nets et doivent couvrir les coûts logistiques, le stockage, le transport, l’exploitation des stations-service et les investissements.
Pour les ménages marocains, l’enjeu dépasse le seul coût du carburant. Les prix du gasoil influencent directement les coûts de transport des marchandises, la logistique et, par ricochet, les prix de nombreux produits de consommation. Toute évolution des marges et des prix à la pompe a ainsi des répercussions sur le pouvoir d’achat et sur le niveau général des prix.
La publication de ces données intervient d’ailleurs quelques jours après le rejet par la Chambre des conseillers des propositions visant à plafonner les prix des carburants. Le gouvernement continue de privilégier une logique de marché fondée sur la concurrence entre opérateurs, tandis que l’opposition et plusieurs organisations de consommateurs plaident pour des mécanismes de régulation plus stricts.
