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Taux directeur : Bank Al-Maghrib devrait maintenir le cap à 2,25 % pour soutenir croissance et crédit

Le prochain Conseil de Bank Al-Maghrib, prévu le 23 juin, devrait se solder par un maintien du taux directeur à 2,25 %, selon les prévisions de BMCE Capital Global Research (BKGR). Une décision qui traduirait la volonté de la Banque centrale de préserver l’équilibre entre soutien à la croissance et maîtrise de l’inflation dans un environnement international marqué par de fortes incertitudes.

Pour les analystes de BKGR, la situation actuelle ne justifie ni un resserrement monétaire ni une baisse supplémentaire des taux. Certes, l’économie marocaine affiche une dynamique de croissance solide, mais l’inflation demeure relativement contenue malgré les tensions géopolitiques et la volatilité des marchés énergétiques.

Après avoir enregistré un niveau exceptionnellement bas de -0,8 % en début d’année, l’inflation est remontée à 0,9 % en mars puis à 1,7 % en avril 2026. Cette hausse s’explique principalement par l’augmentation des prix des carburants, qui ont progressé de 21,8 % sur le seul mois d’avril sous l’effet du renchérissement des cours internationaux de l’énergie.

Le Haut-Commissariat au Plan estime néanmoins que l’inflation devrait se stabiliser autour de 1,5 % au deuxième trimestre, à condition que les prix du pétrole retrouvent progressivement un niveau plus normal. En revanche, une aggravation des tensions au Moyen-Orient pourrait porter l’inflation jusqu’à 2,3 %.

Dans ce contexte, Bank Al-Maghrib dispose encore d’une marge de manœuvre confortable. Les conditions de financement restent favorables aux ménages et aux entreprises. Le taux débiteur moyen appliqué par les banques a reculé à 4,66 % au premier trimestre 2026, tandis que l’encours global du crédit bancaire a progressé de 7,8 % pour atteindre 1.247 milliards de dirhams à fin avril.

Pour les consommateurs, le maintien du taux directeur constitue plutôt une bonne nouvelle. Il permet de préserver des conditions de crédit relativement avantageuses pour le financement immobilier, les crédits à la consommation ou les investissements des entreprises. Une hausse des taux aurait renchéri le coût de l’emprunt à un moment où le pouvoir d’achat reste sous pression.

Sur le plan budgétaire, l’État continue également à mobiliser d’importants financements pour soutenir l’investissement public. Malgré un déficit de 27,8 milliards de dirhams à fin mai, le gouvernement maintient ses programmes d’infrastructures et ses grands projets structurants, tout en poursuivant l’objectif d’un déficit budgétaire autour de 3,5 % du PIB en 2026.

Les investisseurs institutionnels interrogés par BKGR convergent d’ailleurs vers le même diagnostic : la politique monétaire actuelle apparaît adaptée à la situation économique du pays. La perspective d’une hausse des taux avant la fin de l’année est jugée peu probable, sauf en cas de choc inflationniste majeur lié aux marchés énergétiques.

Pour Bank Al-Maghrib, l’enjeu consiste désormais à accompagner la croissance tout en restant vigilante face aux risques importés. Le statu quo attendu le 23 juin s’inscrit dans cette logique de prudence, devenue la marque de fabrique de la politique monétaire marocaine.

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