Bourse: l’AMMC assouplit les règles des introductions pour mieux protéger les investisseurs

Les introductions en Bourse connaissent un nouvel ajustement réglementaire. L’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) vient d’élargir le seuil de variation autorisé pour les nouvelles valeurs cotées, tout en rappelant aux professionnels les bonnes pratiques destinées à garantir la transparence et l’équité du marché.
Désormais, les actions nouvellement introduites à la Bourse de Casablanca pourront évoluer dans une fourchette de plus ou moins 20% pendant leurs cinq premières séances de cotation, contre des limites plus restrictives auparavant. Une fois cette période écoulée, les seuils classiques continueront de s’appliquer, soit 10% pour les valeurs cotées en continu et 6% pour celles négociées au fixing.
À travers cette mesure, le régulateur cherche à faciliter la découverte du juste prix des nouvelles entreprises entrant en Bourse. Dans un marché où les introductions suscitent souvent un fort engouement des particuliers, une plus grande flexibilité pourrait permettre d’absorber plus naturellement les mouvements d’offre et de demande lors des premiers jours de cotation.
Mais l’AMMC insiste également sur un autre enjeu: la protection des investisseurs et l’intégrité du marché.
L’Autorité appelle ainsi les sociétés de Bourse à éviter les ordres en doublon lors des phases de préouverture, à respecter strictement la priorité chronologique des ordres et à renforcer leurs contrôles internes afin de prévenir tout dysfonctionnement susceptible de perturber les échanges.
Le régulateur met aussi en garde contre l’utilisation abusive des ordres «à gérer», rappelant qu’aucune annulation ne peut être effectuée sans instruction explicite du client et sans enregistrement des échanges téléphoniques. Une exigence qui vise à garantir la traçabilité des opérations et l’égalité de traitement entre les investisseurs particuliers et institutionnels.
Autre priorité: la robustesse des infrastructures numériques. Les plateformes de Bourse en ligne devront être dimensionnées pour absorber les pics d’activité qui accompagnent généralement les premières cotations, afin d’éviter les incidents techniques ou les retards dans l’exécution des ordres.
Cette évolution intervient dans un contexte de regain d’intérêt pour la Bourse de Casablanca et de multiplication des opérations de financement par le marché. Pour les épargnants, elle rappelle qu’une introduction en Bourse reste une période de forte volatilité où l’information, la prudence et l’accompagnement des intermédiaires demeurent essentiels.
En modernisant ses règles tout en renforçant ses exigences de transparence, l’AMMC cherche ainsi à concilier deux objectifs parfois contradictoires: fluidifier le financement des entreprises marocaines tout en protégeant l’épargne des investisseurs.
