Taxis au Maroc: la réforme annoncée peut-elle améliorer le service pour les usagers ?

Le secteur du taxi s’apprête à vivre l’une de ses plus importantes transformations de ces dernières décennies. Selon plusieurs sources relayées par la presse nationale, le ministère de l’Intérieur travaille sur une refonte structurelle visant à professionnaliser l’activité et à corriger les dysfonctionnements qui pénalisent aussi bien les chauffeurs que les consommateurs.
Au cœur de la réforme figure la question sensible des agréments. Depuis des années, le système est régulièrement critiqué pour sa logique de rente, qui alimente tensions sociales et difficultés économiques au sein de la profession. Les organisations représentatives réclament depuis longtemps une révision des mécanismes d’attribution et d’exploitation afin de mieux valoriser l’exercice effectif du métier.
Pour les usagers, l’enjeu dépasse la seule organisation administrative. La qualité du service, la disponibilité des taxis, la sécurité des trajets et la transparence des relations avec les chauffeurs constituent désormais des attentes fortes dans un contexte marqué par l’évolution rapide des solutions de mobilité.
Parmi les pistes étudiées figure la suppression progressive du contrat-type actuel reliant le titulaire de l’agrément au chauffeur exploitant. Celui-ci pourrait être remplacé par une carte électronique sécurisée, centralisée au niveau des préfectures et des provinces. L’objectif serait de renforcer la traçabilité, de faciliter les contrôles et de mieux encadrer l’exercice de la profession.
Le renouvellement de cette carte serait conditionné au respect de plusieurs critères, notamment l’exercice effectif du métier et la conformité aux règles en vigueur. Les autorités envisageraient également un système de pointage professionnel permettant d’évaluer le parcours des chauffeurs et leur niveau de professionnalisation.
Cette évolution s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’avenir de la mobilité urbaine au Maroc. L’arrivée des plateformes numériques, les nouvelles attentes des consommateurs et la nécessité d’améliorer l’expérience client poussent progressivement le secteur traditionnel à se moderniser.
Reste à savoir si cette réforme parviendra à concilier les intérêts parfois divergents des détenteurs d’agréments, des chauffeurs et des usagers. Car au-delà des outils technologiques et des nouvelles règles administratives, le véritable défi demeure celui d’un service de transport plus fiable, plus transparent et davantage centré sur les besoins quotidiens des citoyens.
Avec Al Akhbar.
