
Le marché marocain des télécommunications poursuit sa croissance, porté par l’explosion de la consommation de données, l’essor de la fibre optique et le déploiement progressif de la 5G. Selon les dernières données de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), le chiffre d’affaires global du secteur a progressé de 2,89% au premier trimestre 2026, malgré le recul continu des usages traditionnels de la téléphonie.
Cette évolution confirme une transformation profonde des comportements des consommateurs. Les appels vocaux et les SMS perdent progressivement du terrain au profit des services numériques, du streaming, des réseaux sociaux et des plateformes de communication en ligne.
À fin mars, le Maroc comptait plus de 57 millions de souscriptions mobiles, soit un taux de pénétration supérieur à 154%. Le segment postpayé continue de gagner du terrain, signe d’une montée en gamme des usages, tandis que le trafic téléphonique recule fortement. La consommation moyenne mensuelle atteint désormais 49 minutes par abonné, en baisse de près de 19% sur un an.
La véritable révolution se joue du côté de l’Internet mobile. Le pays totalise plus de 41 millions d’abonnements Internet, dont 38 millions via le mobile. La 4G reste largement dominante avec plus de 33 millions d’utilisateurs, mais la 5G poursuit sa montée en puissance et compte déjà 3,2 millions d’abonnés. Le réseau couvre désormais 44% de la population grâce à près de 8.400 stations de base déployées à travers le Royaume.
Cette évolution s’accompagne d’une explosion de la consommation de données. Les Marocains utilisent désormais en moyenne 60 gigaoctets par mois, soit une hausse de 48% en un an. Une progression qui reflète l’adoption massive des contenus vidéo, du télétravail, des services numériques et du commerce en ligne.
Sur le segment fixe, la fibre optique confirme également son ascension. Le nombre d’abonnés FTTH a bondi de 32,7% sur un an pour atteindre près de 1,5 million de lignes. Plus de la moitié des utilisateurs bénéficient désormais de débits supérieurs à 50 Mb/s, témoignant d’une demande croissante pour des connexions plus rapides et plus stables.
À l’inverse, l’ADSL continue son déclin progressif, même si le réseau cuivre représente encore 1,4 million d’abonnements. Le trafic de téléphonie fixe suit la même tendance baissière, avec une diminution de près de 14% des communications.
Du côté des entreprises, les usages numériques évoluent également. Le nombre de liaisons de données professionnelles recule légèrement, traduisant une réorganisation des besoins et l’émergence de nouvelles solutions connectées plus flexibles.
Enfin, la présence numérique des acteurs marocains continue de se renforcer. Le nombre de noms de domaine en «.ma» a progressé de 8,1% sur un an pour atteindre près de 136.000 enregistrements, confirmant la vitalité de l’économie digitale nationale.
Au final, les chiffres de l’ANRT illustrent une mutation profonde du secteur. L’avenir des télécoms marocains se construit désormais autour de la donnée, de la fibre et de la 5G, tandis que les services traditionnels poursuivent leur lent déclin au profit d’une société toujours plus connectée.
Avec L’Economiste
