Quand le carburant renchérit, le ticket de caisse finit presque toujours par suivre. Les distributeurs demandent désormais que le soutien public ne soit plus réservé aux seuls transporteurs routiers.
Le gasoil a franchi le seuil de 16 dirhams le litre au début d’octobre après une hausse de 80 centimes. Pour les entreprises qui livrent chaque jour magasins, restaurants et entrepôts, ce mouvement n’est pas une charge périphérique: il touche directement le coût de chaque tournée et de chaque kilomètre parcouru.
Selon Ali Tazi, président de l’association Tijara relayé par L’Economiste, la distribution organisée déplace chaque année des centaines de millions de tonnes de produits; elle doit donc choisir entre absorber le surcoût dans ses marges ou le répercuter sur les prix.
La fédération demande l’extension du soutien direct actuellement accordé aux transporteurs routiers aux entreprises de distribution disposant de leurs propres flottes. Elle propose des critères fondés sur la consommation réelle de carburant, afin de cibler les opérateurs effectivement exposés.
Reste la question centrale pour le consommateur et le contribuable: qui finance le bouclier, selon quels critères et avec quel contrôle sur les prix? Une aide publique sans obligation de transparence pourrait alléger les comptes des entreprises sans garantir une modération du ticket de caisse. À l’inverse, laisser chaque acteur répercuter intégralement le choc revient à faire payer le ménage à chaque étape.
Pour rappel, la volatilité des carburants traverse déjà le transport, l’agriculture, la pêche et la logistique. La demande de Tijara élargit donc un débat ancien: le soutien doit-il viser un métier précis ou suivre l’usage professionnel réel du carburant? Toute nouvelle aide gagnerait à être temporaire, traçable et liée à un engagement vérifiable sur les prix.
