Mondial de l’Auto: vingt marques chinoises accélèrent leur offensive européenne

Les constructeurs chinois ne viennent plus seulement en Europe pour exposer leur avance électrique : ils y dessinent désormais des voitures spécialement destinées aux automobilistes européens. Le Mondial de l’Auto 2026 montre ainsi le passage d’une logique d’exportation à une véritable implantation commerciale.

Franceinfo rapporte qu’une vingtaine de marques chinoises participent à la 91e édition du salon parisien, un record parmi les 60 constructeurs présents. Environ 500.000 visiteurs sont attendus jusqu’au 18 octobre. BYD, Xpeng, Lynk & Co, Omoda et Jaecoo y affichent des stratégies différentes, mais une même ambition de durée.

BYD construit la confiance par le réseau

Déjà présente lors de l’édition 2024, BYD représente encore un peu moins de 2% du marché français. La marque, numéro un mondial des ventes de voitures électriques, dispose de 130 concessionnaires en France et vise un réseau de 200 points.

Sa directrice générale pour la France, Dorothée Bonassies, présente cette extension comme un moyen de créer de la confiance avec les clients. Le réseau devient ainsi aussi important que le produit : il porte la vente, mais également la proximité et l’accompagnement attendus par l’acheteur.

Xpeng réduit la taille et le prix

Xpeng, arrivée en France en 2024, compte désormais une centaine de concessions. Après avoir ciblé le haut de gamme, elle lance la L03 à 35.000 euros. Longue de 4,65 mètres et comparable par son gabarit à une Tesla Model Y, cette voiture a été développée pour répondre aux demandes européennes.

La marque prévoit 9.000 ventes cette année, contre une estimation initiale de 7.000. Cette révision illustre son intention d’élargir son marché au-delà d’une clientèle attirée uniquement par les modèles technologiques les plus coûteux.

Lynk & Co et Chery choisissent d’autres chemins

Lynk & Co, propriété du groupe Geely, limite pour l’instant son offre à trois SUV positionnés sur la technologie et un rapport qualité-prix compétitif. La marque prévoit environ 2.000 ventes l’année prochaine, puis envisage une progression vers 3.000 à 5.000 unités avec l’arrivée de nouveaux modèles.

Le groupe Chery suit une stratégie différente avec Omoda et Jaecoo. Ces marques ont été créées pour l’export et proposent des véhicules qui ne sont pas commercialisés en Chine. Chery a installé à Paris un centre de recherche et développement chargé notamment de travailler sur des citadines adaptées au marché européen, avec l’ambition de concurrencer des modèles comme la Renault 5, la Twingo ou la Citroën ë-C3.

L’après-vente deviendra le véritable arbitre

Les prix, les équipements et la technologie favorisent la découverte de ces marques. Pour l’acheteur, la décision dépendra aussi de la densité des réseaux, de la disponibilité des pièces, de la maintenance et de la valeur de revente. Les objectifs de concessions annoncés montrent que les constructeurs ont identifié cette exigence.

Pour rappel, la Plateforme automobile, qui représente le secteur français, redoute que les marques chinoises atteignent en 2030 une voiture neuve sur cinq vendue en Europe, soit deux fois leur poids actuel. Le Mondial 2026 ne consacre donc pas seulement leur présence : il met en scène la préparation d’une nouvelle phase de concurrence.

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