Une prise de contrôle bancaire ne se résume jamais à un changement de logo. Elle engage un réseau, des salariés, des clients et une stratégie de développement sur plusieurs années. Au Ghana, Attijariwafa bank vient précisément de franchir cette étape en signant un accord portant sur la majorité du capital de Société Générale Ghana.
Selon les informations publiées par Le360 à partir du communiqué du groupe, la banque marocaine doit acquérir auprès de Société Générale une participation de 55,22% dans sa filiale ghanéenne. L’accord prévoit également la cession de 5% du capital à la Social Security and National Insurance Trust, l’organisme public chargé de la gestion des retraites au Ghana.
Une opération signée, mais pas encore définitivement bouclée
Le calendrier reste conditionné à l’obtention des autorisations réglementaires et boursières requises au Maroc et au Ghana. Cette précision est essentielle : le contrôle visé par Attijariwafa bank est acté par un accord, mais la transaction ne pourra être finalisée qu’après le feu vert des autorités concernées.
L’enjeu porte sur un établissement déjà solidement implanté. Basée à Accra, Société Générale Ghana compte plus de 500 collaborateurs et exploite 40 agences réparties dans 24 villes. À fin 2025, la banque affichait un produit net bancaire de 1,356 milliard de cedis ghanéens, un résultat net de 397 millions de cedis et un total de bilan de 9,7 milliards de cedis.
Cotée à la Bourse d’Accra, elle représentait une capitalisation de 3,9 milliards de cedis au 29 septembre 2026. Attijariwafa bank ne rachète donc pas une simple licence bancaire : le groupe vise une plateforme disposant déjà d’un réseau national, d’équipes et d’une activité mesurable.
Le véritable test commencera après les autorisations
Dans sa déclaration, le président-directeur général Mohamed El Kettani présente l’opération comme l’expression de la confiance du groupe dans les perspectives économiques du Ghana et dans la qualité de Société Générale Ghana. Il évoque aussi le développement de la banque et le renforcement des échanges économiques entre le Ghana, le Maroc et les autres pays d’implantation du groupe.
Mais la taille de l’acquisition ne suffira pas à juger son utilité. Les indicateurs à suivre seront ceux de l’intégration : continuité des services, maintien de la proximité offerte par les 40 agences, évolution des produits et capacité à transformer l’appartenance à un groupe panafricain en services concrets pour les entreprises et les particuliers.
Attijariwafa bank revendique aujourd’hui une présence dans 27 pays, plus de 22.000 collaborateurs et plus de 12 millions de clients. L’opération ghanéenne s’inscrit ainsi dans une trajectoire d’expansion déjà largement engagée. Son aboutissement dépend désormais des autorités, puis de la capacité du groupe à faire de ce changement d’actionnaire un projet bancaire durable plutôt qu’une seule opération de portefeuille.
