Salaires au Maroc: plus d’une salariée déclarée sur deux gagne entre 1.000 et 3.266 dirhams par mois

L’accès croissant des femmes au salariat ne garantit pas encore une rémunération suffisante. Au Maroc, plus de la moitié des salariées déclarées à la CNSS perçoivent entre 1.000 et 3.266 dirhams par mois. Ce chiffre replace la question de l’emploi féminin sur son terrain le plus concret : le revenu réellement disponible et la capacité à vivre de son travail.

Selon le rapport sur le budget axé sur les résultats tenant compte de l’aspect genre, annexé au projet de loi de finances 2027, 52,2% des femmes déclarées à la CNSS se trouvent dans cette tranche de salaire, contre 34,2% des hommes. Les femmes ne représentent par ailleurs que 32% des salariés déclarés du secteur privé.

Un écart visible dans les moyennes

Le salaire mensuel moyen déclaré atteint 5.885 dirhams pour les femmes, contre 6.276 dirhams pour les hommes, soit un écart de 6,6%. Une étude du Haut-Commissariat au Plan sur les salaires urbains, portant sur mars 2024, fait apparaître un différentiel plus marqué : 3.970 dirhams pour les femmes contre 4.880 dirhams pour les hommes, soit près de 23%.

Les écarts varient fortement selon le secteur. Ils sont estimés à 2,4% dans le public, mais atteignent 43% dans le privé. L’étude citée considère qu’une très grande partie du différentiel ne s’explique pas par les caractéristiques observables des emplois ou des salariées, ce qui ramène directement le débat aux mécanismes de rémunération et de progression professionnelle.

Plus de salariat, mais une protection encore incomplète

La part des salariées parmi les femmes en emploi a presque doublé, passant de 30,5% en 2000 à 60,6% en 2025. Sur la même période, celle des hommes est passée de 40,4% à 61,6%. Dans le même temps, la proportion d’aides familiales non rémunérées parmi les femmes actives occupées a reculé de 53,3% à 24%.

Cette transformation constitue un progrès, mais la couverture sociale reste incomplète. La proportion de femmes en emploi sans couverture médicale est passée de 77,8% en 2017 à 59,7% en 2025. Chez les seules salariées, elle a reculé de 48,4% à 35,7%.

Les chiffres racontent donc une double évolution : davantage de femmes entrent dans le salariat formel, mais beaucoup restent concentrées dans les rémunérations basses. La question n’est plus seulement de créer des emplois féminins ; elle est de savoir quels revenus, quels droits et quelles perspectives professionnelles accompagnent ces emplois.

Avec TelQuel

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