Une boisson peut être naturelle, photogénique et très populaire sans être automatiquement irréprochable. Le matcha, dont la poudre de feuilles est directement ingérée, illustre le fossé possible entre une image de produit bien-être et la réalité des analyses.
Moustique rapporte les résultats d’une enquête de Que Choisir portant sur sept références de matcha vendues en France. De l’aluminium a été détecté dans les sept produits et cinq dépassent la valeur de référence retenue par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.
Une exposition qui s’ajoute aux autres aliments
L’aluminium est naturellement présent dans les sols et peut être absorbé par les théiers. À la différence d’un thé infusé puis filtré, le matcha est consommé sous forme de poudre : les substances présentes dans la feuille sont donc avalées avec la boisson.
Depuis 2008, l’Autorité européenne de sécurité des aliments retient une valeur toxicologique de référence équivalente à 143 microgrammes par kilogramme de poids corporel et par jour. L’étude française de l’alimentation totale publiée en 2026 indique déjà que 39% des adultes dépassent cette référence en cumulant l’ensemble des sources alimentaires.
Le prix n’offre aucune garantie automatique
L’analyse montre une forte variabilité entre les marques. Que Choisir observe que les références les moins chères obtiennent globalement les résultats les plus défavorables, mais cela ne signifie pas qu’un prix élevé constitue à lui seul une preuve de faible contamination.
La vraie question est celle de l’information disponible : origine des feuilles, contrôles par lot, résultats d’analyses et seuils retenus. Sans ces éléments, le consommateur achète surtout une promesse marketing liée à la couleur, au rituel et à la réputation du produit.
Une alerte, pas une conclusion sur tous les matchas
Sept références constituent un signal sérieux, mais pas un inventaire exhaustif de toutes les marques vendues dans tous les pays. Le résultat doit conduire à demander davantage de transparence et à éviter une consommation excessive, sans transformer ce test ciblé en condamnation générale du matcha.
Pour rappel, cette boisson s’est largement diffusée par les cafés, les recettes et les réseaux sociaux. Sa popularité a précédé l’information du public sur les contaminants. L’épisode rappelle une règle simple de protection du consommateur : la tendance et le discours santé ne dispensent jamais les marques de documenter la qualité réelle de leurs produits.
