PISA 2025: 70% des élèves marocains en deça du seuil minimal d’appretissage standard

Des scores en recul dans les trois matières évaluées

Les résultats de l’enquête PISA 2025 confirment les difficultés persistantes des élèves marocains de 15 ans. L’évaluation de l’OCDE a porté sur un échantillon de 6.978 élèves scolarisés dans 179 établissements au Maroc, avec des données répondant aux standards de qualité du programme.

Le score moyen du Maroc atteint 358 points en sciences, 355 en mathématiques et 321 en compréhension de l’écrit. Le pays se situe respectivement aux 82e, 79e et 86e rangs sur 91 systèmes éducatifs évalués. Les moyennes de l’OCDE s’établissent à 482 points en sciences, 463 en mathématiques et 461 en lecture.

73,2% des élèves en difficulté simultanée

Au total, 73,2% des élèves marocains se situent sous le niveau 2, considéré comme le seuil minimal de compétence, dans les trois disciplines à la fois. La proportion d’élèves n’atteignant pas ce seuil est de 87% en lecture, 84% en mathématiques et 77% en sciences.

À l’autre extrémité, seuls 0,1% des élèves atteignent les niveaux 5 ou 6, qui correspondent aux performances les plus élevées. Le score obtenu en résolution de problèmes computationnels s’établit pour sa part à 374 points.

Une baisse à lire avec l’élargissement de la scolarisation

Les résultats diminuent de 7 à 18 points par rapport à 2022 selon les disciplines, tandis que les sciences affichent une évolution plus stable. La tendance générale demeure toutefois orientée à la baisse depuis 2018.

L’OCDE relève en parallèle une forte progression de l’accès à la scolarité. La population d’élèves de 15 ans éligibles à l’évaluation a augmenté d’environ 30% entre 2018 et 2025. Cette extension du système intègre davantage de jeunes issus de milieux défavorisés : 54% des participants marocains se situent dans le quart socio-économique le plus bas à l’échelle internationale.

Des écarts sociaux moins prononcés que la moyenne de l’OCDE

L’écart entre élèves favorisés et défavorisés atteint 55 points au Maroc, contre 85 points en moyenne dans les pays de l’OCDE. Par ailleurs, 16,4% des élèves défavorisés figurent dans le quart des meilleurs résultats au niveau national, un indicateur de résilience malgré un environnement social contraignant.

Les réponses au questionnaire montrent aussi que 67% des élèves déclarent redoubler d’efforts lorsqu’une tâche devient difficile, 59% considèrent que l’intelligence peut se développer et 55% disent planifier leur travail scolaire. Entre 73% et 76% rapportent recevoir différentes formes de soutien de leurs enseignants.

L’absentéisme et l’usage de l’IA pèsent dans le tableau

L’enquête relève néanmoins un absentéisme important : 36% des élèves disent avoir manqué une journée entière, 62% un cours et 59% être arrivés en retard au cours des deux semaines précédant le test.

L’intelligence artificielle s’installe également dans les usages scolaires. Quelque 45% des élèves déclarent l’utiliser chaque semaine, notamment pour effectuer des recherches, résumer des contenus ou rédiger des devoirs. Ces pratiques soulignent la nécessité d’accompagner les usages numériques tout en renforçant les apprentissages fondamentaux.

↑
Quitter la version mobile