Viande bovine : record d’importations en provenance des États-Unis

Sur les quatre premiers mois de 2025, le Maroc a importé 1 429 tonnes de viande bovine américaine, un volume sans précédent qui place le Royaume parmi les marchés en plus forte progression, selon les données du Département américain de l’agriculture (USDA), compilées par la Fédération des exportations de viande (USMEF).

Un boom marocain dans un contexte mondial en repli

Alors que les exportations totales de viande bovine des États-Unis ont reculé de 10 % en avril, le Maroc détonne avec une hausse spectaculaire de 199 % par rapport à la même période en 2024. Le Royaume s’impose désormais comme l’un des principaux relais de croissance en Afrique, aux côtés de la Côte d’Ivoire et du Gabon. Ensemble, ces trois pays concentrent à eux seuls plus de 90 % des exportations américaines de viande bovine vers le continent.

Une dynamique portée par la transformation agroalimentaire

La forte demande marocaine concerne essentiellement les viandes dites « de variété », souvent destinées à l’industrie agroalimentaire et à la distribution urbaine. Cette tendance illustre les besoins croissants en protéines animales dans les grandes villes marocaines, ainsi que la volonté des opérateurs de diversifier leurs sources d’approvisionnement à l’international.

Redistribution des flux vers des marchés émergents

Ce dynamisme marocain s’inscrit dans un contexte global de redéploiement des exportations américaines. Les livraisons vers la Chine, autrefois un marché clé, ont chuté de 68 % en raison de hausses tarifaires punitives et d’un blocage administratif sur les agréments sanitaires. En réaction, les exportateurs américains réorientent leurs flux vers des marchés plus ouverts comme la Corée du Sud, la Colombie ou encore les pays d’Afrique subsaharienne.

L’Afrique, nouvel horizon stratégique pour les États-Unis

Avec 4 765 tonnes exportées vers le continent africain entre janvier et avril (+30 % en valeur), les États-Unis voient dans l’Afrique un réservoir de croissance commerciale. Le Maroc, en tête de pont, conforte ainsi sa place stratégique dans cette reconfiguration des échanges.

Dan Halstrom, président de l’USMEF, s’est déclaré « encouragé » par la réactivité des marchés émergents, notamment en Afrique du Nord, malgré les turbulences persistantes sur les grandes places asiatiques.

Avec Barlamane

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