Une nouvelle tendance inquiète dermatologues et chercheurs : les enfants de la génération TikTok adoptent très tôt des routines de beauté inspirées des réseaux sociaux. Masques en forme de panda, lotions parfumées et crèmes à l’effigie de licornes séduisent les plus jeunes, mais derrière l’image ludique, se cachent des risques sanitaires et psychologiques.
L’engouement pour ces produits n’a pas échappé aux marques. En novembre, l’actrice canadienne Shay Mitchell a lancé Rini, une gamme de cosmétiques dédiée aux enfants dès trois ans. Masques hydratants, après-soleil et crèmes du quotidien sont proposés à environ 5 euros l’unité, avec des emballages colorés et des motifs d’animaux ou de licornes. Evereden, marque américaine en plein essor, vend elle aussi des lotions et crèmes destinées aux préadolescents et revendique plus de 100 millions de dollars de chiffre d’affaires.
Pourtant, les spécialistes tirent la sonnette d’alarme. Laurence Coiffard, professeure en pharmacie à la faculté de Nantes, rappelle que l’enfant n’a besoin que de produits d’hygiène de base et de protection solaire. L’usage de cosmétiques conçus pour adultes peut exposer à des perturbateurs endocriniens, des phytoestrogènes ou à des substances irritantes, favorisant allergies et déséquilibres hormonaux.
Des recherches récentes soulignent l’ampleur du phénomène. Aux États-Unis, Molly Hales et Sarah Rigali, de l’université Northwestern de Chicago, ont analysé 100 vidéos beauté publiées par 82 mineurs sur TikTok. Certaines vidéos montrent des enfants appliquant jusqu’à 14 produits différents avant l’école, pour un coût moyen de 145 euros. Les produits contiennent souvent une dizaine, voire plus de vingt substances potentiellement irritantes.
Au-delà des risques physiques, les conséquences psychologiques sont préoccupantes. Les chercheurs dénoncent la normalisation d’une “routine beauté” coûteuse et chronophage. Pierre Vabres, membre de la Société française de dermatologie, souligne que ces pratiques peuvent fausser l’image de soi des enfants, voire sexualiser prématurément leur regard sur leur corps.
Face à ce marché en expansion, les marques insistent sur la sécurité et la douceur de leurs produits. Shay Mitchell assure que Rini a été conçue pour répondre aux attentes des enfants tout en rassurant les parents. Mais pour les spécialistes, le message reste clair : “L’enfant n’est pas un adulte en miniature, un cosmétique n’est pas un jouet.
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