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La Chine fait entre ses robots humanoïdes à l’école pour entraînement et formation!

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La Chine a entrepris, depuis plusieurs mois, le déploiement d’un réseau de centres publics dédiés à l’entraînement des robots humanoïdes, marquant une nouvelle étape dans sa stratégie de développement de l’intelligence artificielle appliquée au monde physique. Ces infrastructures, qui s’apparentent à de véritables établissements de formation professionnelle pour machines, visent à doter les robots de compétences pratiques leur permettant d’évoluer dans des environnements réels, domestiques comme industriels.

Dans ces centres, des travailleurs humains, souvent de jeunes étudiants ou diplômés en informatique et en robotique, reproduisent de manière répétitive des gestes du quotidien afin de transmettre aux robots des données essentielles à leur apprentissage. Plier du linge, saisir des objets, ouvrir des appareils électroménagers ou emballer des colis font partie des tâches enseignées, dans des espaces équipés de capteurs, de systèmes de capture de mouvement et de dispositifs de réalité virtuelle. Chaque mouvement humain est ainsi enregistré et transformé en données exploitables par les systèmes d’intelligence artificielle embarqués dans les humanoïdes.

Selon plusieurs estimations relayées par la presse spécialisée, la Chine compterait désormais plus de quarante centres de ce type à travers le pays. Cette montée en puissance intervient dans un contexte de forte prolifération des entreprises spécialisées dans les robots humanoïdes, au point que les autorités chinoises ont jugé nécessaire d’encadrer le secteur afin d’éviter une standardisation excessive des modèles et le risque d’une bulle spéculative. En mai 2024, Pékin a ainsi lancé le National and Local Co-Built Humanoid Robotics Innovation Center, une plateforme publique destinée à mutualiser les efforts de recherche, les infrastructures d’entraînement et le partage de données à l’échelle nationale.

Dans le prolongement de cette initiative, un premier grand terrain d’entraînement, le Kylin Training Ground, a été inauguré à Shanghai en janvier 2025, avec une capacité d’accueil de plus de cent robots simultanément. Quelques mois plus tard, à l’automne 2025, un centre encore plus ambitieux a ouvert ses portes dans le district de Shijingshan, à Pékin. S’étendant sur plus de 10.000 mètres carrés, ce site reproduit à taille réelle des environnements de travail variés, allant des ateliers industriels aux cuisines et aux chambres, afin de confronter les robots à des situations proches de celles qu’ils rencontreront une fois déployés.

Chaque robot y est pris en charge par de petites équipes d’entraîneurs humains, équipés de dispositifs de téléopération ou de capture de mouvement. Ces derniers guident les machines ou exécutent eux-mêmes les gestes à reproduire, parfois des centaines voire des milliers de fois, afin d’enregistrer chaque micro-mouvement. Selon les données rapportées par les médias chinois, certaines actions simples, comme poser correctement un ustensile sur une plaque de cuisson, ont nécessité plus d’un millier de répétitions humaines pour être correctement assimilées.

Ces centres emploient principalement de jeunes adultes, souvent nés après l’an 2000, pour lesquels ce travail constitue parfois une forme de job étudiant. Leur mission consiste à générer des volumes massifs de données sur les gestes humains, un domaine dans lequel l’intelligence artificielle accuse encore un retard important. Contrairement aux données textuelles ou visuelles largement disponibles en ligne, les informations relatives aux interactions physiques avec le monde réel restent rares et coûteuses à produire.

Les données collectées — vidéos, trajectoires, forces exercées, positions des articulations — sont ensuite nettoyées, synchronisées et annotées afin de constituer de vastes ensembles exploitables par les algorithmes d’« IA incarnée ». Ces bases de données servent à entraîner les robots à généraliser leurs apprentissages, en passant d’un environnement contrôlé à des situations plus complexes et imprévisibles, telles que celles rencontrées dans les usines, les bureaux ou les habitations.

Certains centres se sont fixé des objectifs de production particulièrement ambitieux, visant plusieurs millions de points de données par an. Une partie des robots formés commence déjà à être utilisée pour des tâches de manutention industrielle, de logistique interne ou de services, notamment dans les secteurs de l’industrie automobile et des installations techniques. À terme, les autorités chinoises espèrent accélérer l’industrialisation de robots humanoïdes capables d’intervenir de manière autonome et fiable dans de nombreux domaines.

Cette stratégie, fondée sur l’accumulation massive de données issues du monde réel, n’est toutefois pas exempte de limites. Le processus demeure lent, coûteux et fortement dépendant du travail humain, ce qui pose la question de sa capacité à changer d’échelle rapidement. Par ailleurs, d’autres pays pourraient privilégier des approches alternatives, reposant davantage sur la simulation ou l’ingénierie logicielle. Si la Chine semble aujourd’hui prendre une longueur d’avance dans la formation pratique des robots humanoïdes, cette avance pourrait ne pas être définitive dans une course technologique encore largement ouverte.

Source: numerama.com

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