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Volkswagen réfléchit à un recentrage industriel vers le Maroc face aux limites du modèle sud-africain

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Le groupe Volkswagen étudierait sérieusement l’hypothèse d’une réorientation partielle de ses capacités industrielles hors d’Afrique du Sud, le Maroc figurant parmi les options les plus crédibles. Cette réflexion intervient dans un contexte de fragilisation structurelle de l’industrie automobile sud-africaine, confrontée à une combinaison de faibles volumes, de recul du marché domestique et de transition énergétique mal anticipée.

S’exprimant début février lors du Volkswagen Indaba, la directrice générale de Volkswagen Group Africa, Martina Biene, a dressé un constat sans concession. La production automobile sud-africaine plafonne autour de 610.000 véhicules par an, loin de l’objectif d’un million fixé par le plan directeur national. Ce niveau place le pays au 23ᵉ rang mondial et ne permet pas d’atteindre une masse critique suffisante pour soutenir durablement les investissements industriels et la compétitivité des fournisseurs.

La faiblesse de la demande intérieure accentue cette vulnérabilité. Alors que plus de la moitié des véhicules vendus en Afrique du Sud étaient produits localement au milieu des années 2000, cette part est aujourd’hui tombée à environ un tiers, les importations dominant désormais le marché. Ce basculement réduit l’efficacité des dispositifs d’incitation à la production et fragilise l’ancrage industriel local.

À ces contraintes s’ajoute une dépendance marquée aux marchés européens, qui absorbent près de 76 % des exportations de Volkswagen depuis l’Afrique du Sud. Or l’accélération de la transition vers l’électrique en Europe, combinée à l’absence de préparation suffisante du site sud-africain, fait peser un risque croissant sur ces débouchés. Les premières pénalités liées aux émissions de CO₂ se traduisent déjà par une baisse des commandes, illustrant les limites d’un modèle centré sur des motorisations thermiques dans un environnement réglementaire en mutation rapide.

Sans remettre en cause son engagement historique en Afrique du Sud, le groupe reconnaît que les constructeurs généralistes ne peuvent durablement s’appuyer uniquement sur les exportations. Dans ce contexte, le Maroc apparaît en filigrane comme une alternative crédible, porté par la stabilité de son approvisionnement énergétique, sa proximité logistique avec l’Europe et un écosystème automobile déjà structuré autour de l’export et des nouvelles chaînes de valeur. La réflexion engagée par Volkswagen illustre ainsi les recompositions industrielles à l’œuvre à l’échelle du continent, sous l’effet conjugué des marchés, des volumes et de la transition énergétique.

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