Le mois de Ramadan constitue un temps fort pour le secteur agroalimentaire. Concentré de tomates, dattes, miel, jus de fruits, farine et lait enregistrent chaque année une forte progression de leurs ventes, portée par une demande saisonnière exceptionnelle, rapporte le magazine Challenge.
Cette période s’impose comme un véritable baromètre économique pour les industriels et les distributeurs, contraints d’anticiper les volumes, de gérer les prix et d’ajuster leurs stratégies commerciales.
Le concentré de tomates en tête
Produit courant le reste de l’année, le concentré de tomates devient incontournable durant le Ramadan, notamment pour la préparation de la harira. Près de 70% de la production annuelle serait écoulée en un seul mois.
Les industriels renforcent leurs stocks en amont afin d’éviter toute rupture. Le marché est dominé par quelques marques majeures, tandis que la concurrence s’intensifie avec les importations, notamment en période promotionnelle.
Les dattes, entre production locale et importations
Les dattes occupent une place centrale lors de la rupture du jeûne. Malgré une amélioration de la production nationale, les variétés importées, notamment tunisiennes et algériennes, demeurent largement présentes sur le marché.
Les prix varient selon l’origine et la qualité. Les variétés premium, telles que le Majhoul, se positionnent sur un segment plus élevé. Des pratiques de stockage en amont du Ramadan peuvent également accentuer les tensions sur les prix.
Le miel, un pic concentré sur quelques semaines
Le miel connaît lui aussi un pic de consommation, lié à la confection des pâtisseries traditionnelles. Une grande partie des ventes annuelles se réalise durant cette période.
La production locale ne couvrant pas l’ensemble des besoins, le Maroc recourt aux importations. Les prix fluctuent selon l’origine et la qualité, les miels de montagne restant parmi les plus recherchés.
Jus, farine et lait en forte progression
Les jus de fruits voient plus de la moitié de leurs volumes annuels écoulés en quelques semaines. Les industriels multiplient les promotions et les formats familiaux pour capter la demande.
La farine, utilisée pour le pain et les pâtisseries, suit la même tendance. Les minoteries doivent composer avec une forte concurrence et des marges sous pression.
Enfin, le lait et les produits laitiers enregistrent une hausse significative de la consommation, soutenue par les habitudes alimentaires du mois sacré. Les opérateurs du secteur renforcent leurs actions promotionnelles afin de maintenir leurs parts de marché.
Un enjeu stratégique pour la filière
Au-delà de la dimension religieuse et sociale, le Ramadan représente un moment clé pour l’agroalimentaire. Les performances réalisées durant ce mois influencent souvent les résultats annuels des entreprises.
Si la demande soutient l’activité, elle exerce également une pression sur les prix et l’approvisionnement, faisant de cette période un test majeur pour l’ensemble de la chaîne de valeur.
Avec Challenge

