Boissons au Maroc: seuls 28,3% des produits analysés présentent un étiquetage pleinement conforme

Une étude sur 46 sodas et boissons énergisantes
Une étude publiée en août 2026 dans la revue Scientific African met en évidence plusieurs incohérences entre la composition réelle et l’étiquetage de sodas et de boissons énergisantes vendus au Maroc. Les travaux ont été menés par des chercheurs affiliés à l’Université Mohammed VI des sciences et de la santé, à l’Université Hassan II et à l’Université Mohammed V.
Les scientifiques ont analysé 46 produits. Ils ont recherché six substances : l’acésulfame K, l’aspartame, la saccharine sodique, le benzoate de sodium, le sorbate de potassium et la caféine. Ils ont également mesuré les sucres simples et les acides présents dans les boissons.
Moins de trois étiquettes sur dix pleinement conformes
Seuls 28,3% des produits examinés présentaient un étiquetage pleinement conforme à leur composition. De l’acésulfame K non déclaré a été détecté dans 28,3% des références, tandis que 19,6% contenaient du sorbate de potassium absent de la liste des ingrédients.
Les concentrations mesurées demeuraient toutefois généralement dans les limites réglementaires. L’étude ne conclut donc pas à un danger généralisé des produits analysés, mais souligne un problème de transparence susceptible d’empêcher le consommateur de faire un choix correctement informé.
Des écarts importants sur les sucres
Les analyses révèlent aussi des écarts entre les promesses affichées et la composition mesurée. Une boisson présentée comme « zéro sucre » contenait 5,81 grammes de sucres simples pour 100 millilitres. Une autre atteignait 15,55 grammes pour 100 millilitres alors qu’aucune teneur n’était déclarée.
Pour la caféine, la concentration la plus élevée relevée atteignait 298,03 milligrammes par litre, en dessous de la référence européenne de 320 milligrammes par litre citée par les chercheurs.
Les consommateurs lisent peu la liste des ingrédients
L’étude a été complétée par une enquête auprès de 412 étudiants en sciences de la santé à Casablanca et Rabat. Parmi eux, 84,47% disent consommer occasionnellement des sodas sucrés et 8,25% consomment régulièrement des boissons énergisantes.
Seuls 6,31% déclarent toujours lire la liste des ingrédients. À l’inverse, 61,41% ne la consultent jamais ou seulement occasionnellement. Ce faible niveau d’attention augmente l’importance d’un étiquetage fiable et immédiatement compréhensible.
Des appels à renforcer l’information et l’encadrement
Les boissons énergisantes restent facilement accessibles, parfois autour de six dirhams, et utilisent des codes marketing qui ciblent particulièrement les jeunes. L’Observatoire marocain de la protection du consommateur appelle à clarifier les étiquettes et à mieux encadrer leur promotion.
Les résultats plaident plus largement pour des contrôles réguliers de la composition, une harmonisation des mentions obligatoires et une information plus lisible sur les édulcorants, les conservateurs, les sucres et la caféine.
