Sardine en conserve: les débarquements rebondissent, mais les usines manquent toujours de poisson exploitable

Les filets se remplissent de nouveau, mais les conserveries marocaines ne retrouvent pas pour autant un approvisionnement normal. À fin août 2026, les débarquements de sardine ont rebondi de 66%, tandis que les apports destinés à la conserve ont reculé de 32%. La part de la sardine orientée vers les usines est ainsi tombée de 30% à 17%.
L’Union nationale des industries de la conserve de poisson explique ce paradoxe par la taille des poissons capturés. Une proportion croissante des sardines est trop petite pour être transformée, ce qui prive les unités industrielles d’une matière première pourtant plus abondante dans les débarquements.
Une filière de 37.000 emplois directs
Le secteur regroupe 37 entreprises membres de l’UNICOP, emploie directement 37.000 personnes et génère plus de 120.000 emplois indirects. Ses exportations ont atteint 4,8 milliards de dirhams en 2025 vers plus de 130 pays.
La reprise observée en 2026 reste fragile. Avec 786.000 tonnes débarquées à fin août, le volume progresse de 6% sur un an, mais demeure inférieur de 31% à celui de 2022. La ressource se concentre en outre dans le Sud, loin d’une partie des capacités historiques de transformation.
Le Maroc perd du terrain face à la Chine
La difficulté d’approvisionnement intervient au moment où la position internationale du Maroc s’érode. Sa part du marché mondial de la conserve de sardine est passée de 29% en 2021 à 16% en 2025, tandis que celle de la Chine progressait de 18% à 38%. Sur le marché africain, la part marocaine a chuté de 65,7% à 20,5%.
La filière ne peut donc plus se contenter de compter les tonnes débarquées. L’enjeu est d’assurer aux usines une ressource régulière, de taille adaptée et traçable, tout en augmentant la valeur du produit marocain. Sans cette articulation entre pêche et transformation, le rebond des captures restera une amélioration statistique sans véritable effet industriel.
Une montée en gamme encore incomplète
La valeur unitaire des exportations marocaines a progressé de 46% depuis 2018 pour atteindre 4,87 dollars le kilo en 2025. Elle reste toutefois nettement inférieure à celle du Portugal, à 8,07 dollars, et de l’Espagne, à 8,66 dollars. L’UNICOP mise désormais sur l’Origine Maroc, la qualité, la traçabilité et la diversification, notamment vers l’anchois en conserve.
