Animaux de compagnie : un marché de 7 milliards d’euros attire les marques généralistes

Le panier, la gamelle ou le manteau pour chien ne sont plus cantonnés à l’animalerie. Le marché des animaux de compagnie attire désormais des enseignes de décoration et d’habillement, qui adaptent leurs collections à une clientèle prête à intégrer les achats pour son animal à son univers de consommation.
Franceinfo chiffre cette transformation dans un reportage diffusé par France 2 : le marché français des animaux domestiques a progressé de 40% en dix ans et pèse près de 7 milliards d’euros. Le média souligne également le poids des jeunes sans enfants, présentés comme la clientèle la plus dépensière de ce secteur.
La décoration entre dans le quotidien des chiens et des chats
Chez Maisons du Monde, l’offre destinée aux chiens et aux chats s’est développée depuis plusieurs années. L’enseigne vend des paniers, des gamelles et d’autres accessoires pensés pour s’intégrer à la décoration intérieure. Selon son porte-parole Pierre Barbe, les ventes de cette gamme ont triplé en trois ans.
Ce succès traduit une évolution des usages : l’animal occupe davantage les pièces de vie, et ses accessoires deviennent visibles dans le salon. La fonction du produit ne disparaît pas, mais son apparence prend une place nouvelle dans la décision d’achat.
Pour le consommateur, cette montée en gamme appelle une question simple : achète-t-on pour le confort réel de l’animal ou pour la cohérence esthétique du foyer ? Le reportage donne la parole à une cliente qui reconnaît choisir un nouveau lit davantage parce qu’elle le trouve mignon que parce que sa chienne en aurait besoin. Cette franchise résume une partie du ressort commercial du marché.
De l’enfant au chien, les collections se prolongent
Le mouvement gagne aussi l’habillement. Vertbaudet, enseigne spécialisée depuis 70 ans dans les vêtements pour enfants, a lancé en 2025 une collection pour animaux. Harnais, sacs, bandanas et pulls reprennent les couleurs ou les matières des gammes destinées aux familles.
La première offre comptait 30 références. Son PDG, Mathieu Hamelle, annonce un passage à 80 références à partir de la fin de l’année, après des premiers résultats jugés très positifs. Il relie cette diversification à deux tendances françaises : la baisse des naissances et le nombre élevé d’animaux de compagnie.
Un nouveau rayon, mais les mêmes exigences
L’extension de marques généralistes vers l’univers animalier élargit le choix, mais ne dispense pas le consommateur de comparer l’utilité, la qualité, le prix et l’adaptation du produit à l’animal. Un accessoire coordonné à une collection pour enfants peut séduire ; sa valeur reste pourtant liée à son usage, à sa résistance et au confort qu’il procure.
Le chiffre de 7 milliards d’euros explique l’intérêt des enseignes. Il montre aussi que l’animal de compagnie est devenu un marché à part entière, capable d’attirer des acteurs venus d’autres secteurs. Pour rappel, cette croissance de 40% en dix ans ne raconte pas seulement l’augmentation du nombre de produits : elle révèle le déplacement progressif de dépenses autrefois spécialisées vers les rayons de marques grand public.
