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Les impayés des ménages atteignent 44,7 milliards de dirhams à fin août

Le crédit continue de progresser, mais les défauts des particuliers avancent deux fois plus vite. Derrière les moyennes bancaires, la tension budgétaire des ménages devient un indicateur à surveiller.

À force de raisonner en encours de crédit, on finit par oublier la question la plus concrète: combien de ménages n’arrivent plus à rembourser? À fin août 2026, selon les données BAM, leurs créances en souffrance ont atteint 44,7 milliards de dirhams, en hausse de 6,7% sur un an et de 1,9% sur le seul mois d’août.

L’ensemble des créances en souffrance du secteur bancaire s’élève à 106,5 milliards de dirhams, en progression de 3,7%. Les ménages en représentent désormais 42%, avec un taux d’impayés de 11%, contre 8,2% pour l’ensemble des crédits bancaires.

Le contraste est net: l’encours total des crédits aux ménages a augmenté de 3,4%, à 404,4 milliards de dirhams, alors que les impayés ont crû presque deux fois plus vite. Le crédit à la consommation atteint 63,5 milliards de dirhams, en hausse de 5,1%, tandis que les prêts à l’habitat progressent de 2,3%, à 259,1 milliards.

La question qui fâche est donc moins celle de l’accès au crédit que celle de sa soutenabilité. Le taux moyen appliqué aux ménages ressort à 5,59% au deuxième trimestre, dont 6,81% pour le crédit à la consommation et 4,53% pour l’habitat. Or un taux moyen ne dit rien des écarts de revenus, des durées d’endettement ou du poids cumulé des dépenses contraintes.

Pour rappel, la montée des créances en souffrance n’est pas un accident statistique isolé. Elle accompagne depuis plusieurs années l’érosion du pouvoir d’achat et le recours au crédit pour lisser les dépenses. Le chiffre de 44,7 milliards de dirhams appelle désormais un suivi qui ne se limite pas à la solidité des banques: il doit aussi mesurer le nombre de foyers concernés et les solutions de restructuration réellement proposées.

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