Minoterie: le Conseil de la concurrence recommande de cibler les aides sur les ménages vulnérables

Le Conseil de la concurrence appelle à revoir en profondeur le dispositif de soutien aux céréales et à la farine subventionnée. Selon L’Economiste, le rapport annuel 2025 de l’institution reconnaît les objectifs de sécurité d’approvisionnement et de protection du pouvoir d’achat, mais souligne les distorsions créées par le système actuel.
La filière meunière souffre d’importantes surcapacités de production, de fortes disparités entre opérateurs et d’une dépendance élevée au blé tendre importé. La concentration du marché et l’intégration verticale de certains groupes fragilisent par ailleurs les petites minoteries et pèsent sur la concurrence.
Le Conseil recommande d’adapter les capacités industrielles aux réalités des territoires, de développer les exportations et de diversifier la production vers des produits à plus forte valeur ajoutée. Il propose aussi de revoir le cadre juridique des aides, d’associer les dépenses publiques à des critères de performance et d’organiser une transition progressive vers des soutiens directs ciblés sur les ménages vulnérables.
La réforme devrait également repenser le rôle de l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses, améliorer le suivi des subventions et la gestion des stocks de sécurité, puis développer des capacités de stockage modernes et mieux réparties entre les régions.
Le rapport relève enfin que le rendement à l’hectare a progressé de 42 % entre 2003 et 2019, tout en restant inférieur aux standards internationaux en raison du morcellement des terres et du faible accès aux intrants modernes. Il estime aussi que le prix de référence actuel ne valorise pas suffisamment la qualité supérieure du blé et limite les incitations à l’investissement.
