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Fonction publique: le salaire net moyen atteint 10.732 DH, avec 70.266 départs à remplacer d’ici 2030

La hausse du salaire moyen ne dit pas, à elle seule, si l’administration est mieux armée pour rendre le service attendu. En 2026, la fonction publique marocaine affiche un salaire mensuel net moyen de 10.732 dirhams, mais elle entre simultanément dans un cycle de renouvellement massif de ses effectifs.

Le salaire moyen s’établissait à 7.700 dirhams en 2016. Il a donc progressé de 39,38% en dix ans. Dans le même temps, les effectifs civils de l’État ont légèrement reculé pour atteindre 574.026 fonctionnaires, alors que les dépenses de personnel continuent d’augmenter.

Plus d’un agent sur dix concerné par les départs

Entre 2026 et 2030, 70.266 fonctionnaires civils doivent partir à la retraite pour limite d’âge, soit 12,2% de l’effectif recensé en 2026. L’Éducation nationale concentre 28.012 départs, devant l’Intérieur avec 15.945, la Santé avec 5.645 et l’Enseignement supérieur avec 4.793.

Depuis 2016, les retraites ont généré plus de 81% des suppressions de postes budgétaires. Les cadres classés à l’échelle 10 et plus représentent 81,9% des postes supprimés sur la période.

Le vrai sujet : où seront remplacés les effectifs ?

La moyenne salariale masque d’importantes différences de revenus : plus d’un fonctionnaire sur trois gagne 8.000 dirhams ou moins. Elle ne mesure pas non plus la qualité de la répartition territoriale, ni la disponibilité des enseignants, soignants et agents administratifs là où les usagers en ont besoin.

Les départs annoncés offrent une occasion de redéployer les recrutements vers les services en tension. Sans programmation précise par métier et par territoire, le renouvellement pourrait toutefois se limiter à remplacer des postes sur le papier, sans corriger les déséquilibres d’accès au service public.

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