Le livre ne peut occuper une place réelle dans la ville s’il reste cantonné aux librairies et aux rendez-vous spécialisés. Il doit rencontrer les lecteurs dans les quartiers, les espaces publics et les lieux chargés d’histoire. C’est l’ambition de la deuxième édition du Festival de la rentrée littéraire Le Matin, organisée à Casablanca sous le thème « Le livre au cœur de la ville ».
Le festival se tient du 30 octobre au 1er novembre au Palais du Méchouar, dans le quartier des Habous. Il rassemble écrivains, éditeurs, libraires, professionnels de la chaîne du livre et lecteurs autour de rencontres, de tables rondes, d’ateliers et d’animations ouvertes au public.
Les Habous, un choix lié à l’histoire du livre
Le quartier des Habous est associé depuis plus de neuf décennies à la diffusion du livre et à l’activité des librairies. Le choix du lieu vise donc à renouer avec une partie de l’histoire culturelle de Casablanca tout en rapprochant la manifestation des citoyens.
Lors de l’ouverture, le président-directeur général du Groupe Le Matin, Mohamed Haitami, a présenté le rendez-vous comme un espace de célébration de la littérature et de rencontre entre les différents acteurs du secteur.
Lecture, cinéma, société et histoire des bibliothèques
Le programme comprend des tables rondes sur la place du livre dans la ville, les liens entre cinéma et littérature, les transformations de la société marocaine, l’avenir dans les récits, la poésie et l’histoire des bibliothèques des Habous.
Des ateliers sont également consacrés à l’écriture en arabe, en français et en anglais, à la lecture théâtralisée, à la création de mangas, à l’édition et aux droits d’auteur. Le festival cherche ainsi à réunir les pratiques de lecture, d’écriture et de publication dans un même espace.
Trois catégories pour le Prix littéraire Le Matin
La cérémonie inaugurale a été marquée par la remise des prix de la première édition du Prix littéraire Le Matin, organisée dans trois catégories : arabe, amazighe et française. Trois conventions de partenariat ont également été signées.
Un hommage a été rendu à l’écrivain marocain Driss Chraïbi à l’occasion du centenaire de sa naissance. Cette séquence inscrit le festival dans un lien entre la création actuelle et le patrimoine littéraire marocain.
Familiariser les jeunes avec la lecture
Les organisateurs accordent une place particulière aux jeunes générations. Dans un environnement dominé par les écrans et les réseaux sociaux, la lecture est présentée comme un moyen de développer la réflexion, la curiosité et l’autonomie intellectuelle.
L’enjeu dépasse donc la tenue d’un événement de trois jours. L’appel à renforcer la place du livre dans l’espace urbain suppose que cette présence se prolonge par des bibliothèques accessibles, des librairies visibles et des rendez-vous réguliers entre auteurs et lecteurs.
