La presse marocaine ne peut pas éternellement être maintenue sous perfusion sans que l’aide publique transforme réellement les rédactions et les entreprises. L’Association nationale des médias et des éditeurs veut faire évoluer les subventions d’un mécanisme de survie vers un instrument de développement, de modernisation et d’investissement.
Son président, Driss Chahtane, a formulé cet appel lors de l’assemblée générale ordinaire de l’ANME à Casablanca. Le projet de loi de finances 2027 prévoit 247 millions de dirhams pour soutenir le secteur.
379 bénéficiaires, mais seulement 59 structures professionnelles
Selon les chiffres présentés, 379 entreprises de presse reçoivent des aides publiques, alors que 59 seulement seraient structurées et affiliées à des organisations professionnelles. L’ANME réclame davantage de transparence, de rigueur et de responsabilité dans l’organisation du secteur.
L’association souhaite aussi revaloriser le statut du journaliste et la carte professionnelle. Une réflexion porte sur une licence d’exercice de l’activité médiatique afin de mieux encadrer le secteur.
Publicité numérique et distinction avec les influenceurs
Les échanges ont soulevé la concurrence des plateformes publicitaires internationales, la multiplication des supports, la dévalorisation du métier et les déséquilibres d’accès aux annonces officielles de l’État.
Les membres ont également demandé une distinction juridique entre les activités journalistiques et celles des influenceurs, ainsi que des mesures pour préserver la presse écrite et renforcer la concertation professionnelle.
L’autonomie reste l’objectif
L’ANME estime que les entreprises doivent progressivement gagner en autonomie au lieu de dépendre durablement des subventions. Pour l’association, cette évolution passe par la professionnalisation, des modèles économiques durables et des entreprises capables d’investir.
Au 30 septembre 2026, l’ANME affichait 505.225,61 dirhams de recettes et 605.180,19 dirhams de dépenses, soit un déficit provisoire de 99.954,58 dirhams. Ses disponibilités financières dépassaient 1,72 million de dirhams.
