Un prix stable peut rester excessivement élevé. La mercuriale casablancaise le rappelle cette semaine : l’absence de nouvelle flambée sur plusieurs produits ne signifie ni retour à la normale ni soulagement automatique pour le consommateur.
Le bulletin de Casablanca Prestations daté du 30 septembre fait apparaître une relative stabilité des légumes et des viandes rouges, accompagnée de baisses sur certains fruits. Ces relevés concernent toutefois le marché de gros et les abattoirs municipaux, pas directement les prix affichés dans les commerces de quartier.
La tomate reste entre 2 et 5,50 DH au marché de gros
La tomate se maintient entre 2 et 5,50 dirhams le kilogramme. Les courges restent comprises entre 2 et 6 DH, les pommes de terre entre 3 et 5,50 DH, les aubergines entre 2,50 et 5,50 DH et le chou-fleur entre 1,50 et 3 DH.
Quelques mouvements rompent cette stabilité. Le plafond des courgettes monte de 7 à 8 DH/kg, tandis que celui des concombres recule de 7 à 6 DH. Les carottes passent d’une fourchette de 2 à 3,50 DH à un niveau compris entre 1,50 et 3 DH.
Mais quid de la transmission de ces variations au détail ? Une baisse de 50 centimes au marché de gros ne garantit pas une réduction équivalente chez le détaillant. Entre transport, manutention, pertes, loyers et marges successives, le consommateur ne dispose toujours pas d’un outil simple lui permettant de suivre la formation du prix final.
Les clémentines passent de 1,50-3,50 DH à 5-8 DH
Le mouvement le plus spectaculaire concerne les clémentines. Introduites la semaine précédente entre 1,50 et 3,50 DH/kg, elles atteignent désormais 5 à 8 DH, dans un contexte d’entrée en saison agrumicole.
À l’inverse, l’avocat recule de 20-35 DH à 18-28 DH le kilogramme. Le plafond des pommes importées diminue de 22 à 20 DH. Les oranges restent comprises entre 4 et 7 DH, les pommes locales entre 5 et 9 DH et les raisins entre 3,50 et 9 DH.
Ces écarts montrent pourquoi un indice général ou le mot « stabilité » décrivent imparfaitement le panier réel. Un ménage n’achète pas une moyenne : il achète des produits précis, à des fréquences différentes, et subit davantage les hausses concentrées sur les denrées qu’il consomme régulièrement.
La viande ovine reste entre 120 et 125 DH aux abattoirs
Dans les abattoirs municipaux, la viande bovine se situe entre 75 et 108 DH/kg, contre un plancher de 76 DH la semaine précédente. La viande ovine demeure inchangée entre 120 et 125 DH/kg.
Là encore, la stabilité hebdomadaire ne doit pas masquer le niveau atteint. Pour le consommateur, l’indicateur décisif reste le tarif pratiqué en boucherie après l’ajout des coûts et des marges de la chaîne. Une mercuriale utile devrait donc pouvoir être rapprochée, produit par produit, des prix de détail effectivement constatés dans les différents quartiers.
La mercuriale raconte une saga plus longue
Ce bulletin n’est pas un épisode isolé. Consonews suit depuis plusieurs mois les relevés du marché de gros de Casablanca et des abattoirs municipaux. Fin juillet 2026, la viande ovine avait notamment atteint 135 à 138 DH/kg dans les données alors traitées par le média.
En 2025, le Conseil de la concurrence a consacré un avis aux circuits de distribution des produits alimentaires et recommandé un cadre plus transparent, une meilleure gouvernance et une clarification du rôle des différents intervenants. La répétition des mercuriales confirme l’intérêt de ce suivi, mais aussi sa limite : sans comparaison systématique entre gros et détail, le consommateur voit les chiffres sans pouvoir identifier précisément où se forme sa facture.
