La baisse de l’inflation n’est pas une baisse générale des prix. Pour les ménages, cette distinction explique le paradoxe de 2026 : l’indicateur ralentit fortement, mais le panier demeure coûteux parce qu’il mesure une variation et non un retour aux anciens tarifs.
Dans son analyse, Le360 rapporte que l’inflation moyenne s’est limitée à 0,3% durant les huit premiers mois de 2026, selon le HCP. La détente des prix alimentaires a joué un rôle central. La composante alimentaire représente plus de 38% du panier moyen des ménages, ce qui amplifie son poids dans l’indice comme dans le budget quotidien.
Une accalmie liée à l’alimentaire
BMI, une entité de Fitch Solutions citée par le média, estime que l’inflation alimentaire est passée de +2% au premier semestre 2025 à -1% au premier semestre 2026. L’inflation moyenne serait de 0,7% sur l’ensemble de 2026.
Cette accalmie ne signifie pas que tous les produits ont baissé, ni que tous les ménages en profitent de la même manière. La structure de consommation varie fortement selon les revenus : plus l’alimentation absorbe une part élevée du budget, plus une variation sur quelques denrées essentielles est immédiatement ressentie.
Un rebond prévu, mais sous 2%
Bank Al-Maghrib prévoit une inflation de 1,5% en 2027. L’inflation sous-jacente passerait de -0,2% en 2026 à 2,2% l’année suivante. Parmi les facteurs évoqués figurent la disparition progressive de l’effet favorable sur l’huile d’olive et d’autres aliments, l’inflation importée et l’essoufflement, à partir du quatrième trimestre 2026, de l’effet d’une bonne récolte céréalière.
Les risques restent liés au climat, au taux de change, aux prix alimentaires mondiaux, à un éventuel épisode El Niño et aux tensions sur les céréales provoquées par la guerre russo-ukrainienne. BMI anticipe néanmoins un taux directeur inchangé jusqu’à fin 2027, l’inflation devant rester inférieure à 2%.
Le vrai indicateur reste le reste à vivre
Le débat public gagnerait à compléter le taux d’inflation par l’évolution du reste à vivre après alimentation, logement, transport et énergie. Un chiffre moyen peut se stabiliser alors que plusieurs dépenses contraintes continuent de peser.
Pour rappel, depuis 1995, Bank Al-Maghrib n’a connu que deux cycles de resserrement monétaire, en 2008-2009 puis en 2022-2024. L’inflation moyenne du trimestre précédent atteignait alors respectivement 4,4% et 8,3%. Le scénario 2027 décrit donc un rebond, pas un retour au choc inflationniste récent.
