AMO: 23 milliards de DH remboursés, mais 89% des dépenses vont au privé

La généralisation de l’assurance maladie a rapproché le Maroc de la couverture universelle sur le papier. Mais l’argent remboursé raconte une autre histoire : l’essentiel des dépenses alimente le secteur privé, pendant que le reste à charge demeure lourd pour les ménages.

Près de 32 millions de personnes sont immatriculées et le taux de couverture approche 88%. Pourtant, un peu plus de 11% des assurés ont leurs droits fermés, principalement en raison de cotisations irrégulières.

89% des remboursements absorbés par le privé

En 2025, les remboursements de la CNSS ont atteint 23 milliards de dirhams, en hausse de 17%. Près de 89% des prestations ont bénéficié au privé. Même hors médicaments, cette part reste supérieure à 83%.

Le coût moyen d’une prise en charge est 5,6 fois plus élevé dans le privé que dans le public. Cette différence renvoie à la faiblesse de l’offre publique, mais aussi à l’encadrement des tarifs et à la concentration de certaines activités privées.

Une tarification de référence figée depuis 2006

Le reste à charge représentait encore 34% du coût effectif des soins en 2024. La tarification nationale de référence générale n’a pas été révisée depuis 2006, ce qui creuse l’écart entre les tarifs remboursables et les prix réellement facturés.

La soutenabilité du système passe par la révision des tarifs, le recours au médecin traitant, des protocoles de soins, la promotion des génériques et un contrôle renforcé des actes injustifiés. Mais elle dépend surtout de la capacité de l’hôpital public à redevenir un véritable choix pour l’assuré, et pas seulement une solution par défaut.

Avec FNH

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