Une maladie évitable n’est jamais définitivement vaincue : elle recule tant que la vaccination reste complète et régulière. Le retour de la diphtérie au Maroc, absente des signalements depuis 1992, vient rappeler cette règle de santé publique.
Le 28 septembre 2026, le ministère de la Santé a signalé deux foyers familiaux dans les préfectures d’Agadir Ida-Outanane et de Chtouka-Aït Baha. Les cas concernaient des enfants non vaccinés ou dont le schéma vaccinal n’était pas complet.
Une infection potentiellement mortelle
La diphtérie est une infection bactérienne contagieuse qui touche surtout la gorge et le nez, mais peut aussi atteindre la peau. La toxine produite par la bactérie peut endommager le cœur, les nerfs et les reins. Sans traitement adapté, la létalité peut atteindre 5% à 10%.
Le sujet dépasse donc le traitement des foyers déclarés. Il impose de retrouver les enfants ayant manqué des doses, de vérifier les carnets de vaccination et de maintenir la surveillance autour des cas.
Le maillon faible reste le rattrapage
Les moyennes nationales de couverture peuvent masquer des poches de sous-vaccination liées à l’éloignement, à la mobilité des familles, à la désinformation ou à des ruptures dans le suivi. Or une maladie très rare peut réapparaître dès que ces poches deviennent suffisamment importantes.
Après plus de trois décennies sans cas signalé, l’épisode du Souss-Massa ne doit donc pas être traité comme une anomalie isolée. Il constitue un test pour les campagnes de rattrapage, la disponibilité des vaccins et la capacité du système à informer rapidement les familles.
