Médicaments: la baisse doit être précédée d’une étude d’impact, avertit le Conseil de la concurrence

Baisser le prix d’un médicament ne suffit pas si le produit disparaît ensuite des pharmacies. C’est le point de vigilance placé par le Conseil de la concurrence au cœur de son avis sur la réforme de la tarification pharmaceutique.

Saisi par le gouvernement, le Conseil soutient l’objectif d’améliorer l’accès aux traitements et de préserver les finances de l’Assurance maladie obligatoire. Il demande toutefois une étude d’impact globale avant la mise en œuvre, afin de mesurer les effets économiques sur l’ensemble de la filière.

Génériques, biosimilaires et médicaments importés

Le projet modifie la tarification des spécialités importées, des génériques et des biosimilaires. Le prix des génériques serait progressivement fixé selon leur ordre d’arrivée sur le marché, la tranche tarifaire du médicament de référence et leur origine de fabrication.

Le texte supprimerait aussi la majoration de 10% appliquée aux médicaments importés. Il permettrait de négocier des remises avec les établissements pharmaceutiques pour les traitements présentant un poids budgétaire important.

La disponibilité doit être suivie en temps réel

Le projet prévoit des mesures exceptionnelles pour assurer la continuité de l’approvisionnement. Le Conseil demande de définir précisément leurs conditions d’activation et de les articuler avec le Code du médicament et de la pharmacie.

Il recommande également de renforcer l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé en ressources humaines, techniques et analytiques afin qu’elle puisse suivre les stocks et anticiper les pénuries.

Un nouveau décret plutôt qu’une accumulation d’amendements

Le régulateur juge préférable d’adopter un texte entièrement refondu et consolidé. Les versions arabe et française devraient être harmonisées. Les mécanismes de négociation et de remise pourraient relever de cadres distincts lorsqu’ils ne concernent pas directement la fixation des prix.

Enfin, la réforme doit s’accompagner d’un calendrier détaillé, d’un mécanisme d’alerte et de révision ainsi que d’une concertation avec les industriels et les pharmaciens. Le consommateur a besoin de prix accessibles, mais aussi de traitements effectivement disponibles au moment où ils sont prescrits.

Avec L’Économiste

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