L’Agence nationale du soutien social a lancé une étude de 5,2 millions de dirhams pour mesurer les premiers effets des nouvelles règles de l’aide sociale directe. Financée dans le cadre d’un projet de la Banque mondiale, la mission doit notamment évaluer leur influence sur le passage des bénéficiaires vers l’emploi formel.
L’étude intervient après l’adoption de la loi n° 41.26, qui modifie le régime créé par la loi n° 58-23. Les cabinets intéressés peuvent se manifester jusqu’au 12 octobre 2026.
Éviter que l’emploi déclaré ne fasse perdre brutalement l’aide
Les nouvelles dispositions prévoient un accompagnement pour les familles qui cessent de remplir certaines conditions après l’affiliation du chef de ménage ou de son conjoint à la sécurité sociale des salariés du privé. L’objectif est d’éviter qu’une perte immédiate de l’aide ne décourage l’entrée dans un emploi déclaré.
Le cabinet retenu devra mener une enquête quantitative auprès des bénéficiaires, rapprocher l’évolution des aides de leurs trajectoires professionnelles et identifier les éventuels écarts entre l’objectif de la réforme et ses effets réels.
Près de quatre millions de ménages couverts fin 2025
À la fin de 2025, près de quatre millions de ménages bénéficiaient de l’aide sociale directe. Depuis le lancement du dispositif, 51 milliards de dirhams avaient été versés. Les foyers couverts comptaient environ 5,5 millions d’enfants et 1,7 million de personnes âgées.
Pour les trois premiers enfants âgés de moins de six ans ou scolarisés entre six et vingt ans, l’allocation atteint 300 dirhams par enfant. Elle est de 200 dirhams pour un enfant de six à vingt ans non scolarisé, avec un minimum mensuel de 500 dirhams garanti aux ménages éligibles.
Le passage du déploiement à l’évaluation
Une enquête menée en 2025 auprès de 1.800 ménages indiquait que 40% souhaitaient un accompagnement vers l’emploi ou une activité génératrice de revenu et que 60% préféraient un emploi stable à l’aide perçue. La question n’est donc pas de savoir si les bénéficiaires veulent travailler, mais si les règles rendent ce passage financièrement supportable.
Après l’élargissement rapide du dispositif, cette étude marque une étape nécessaire : confronter la politique sociale aux décisions réelles des ménages. Une aide qui disparaît trop vite peut créer un effet de seuil ; un accompagnement bien calibré peut, au contraire, sécuriser la transition vers l’emploi déclaré.
