La propreté de Casablanca entre dans une nouvelle phase : après les campagnes de sensibilisation et les rappels à l’ordre adressés aux opérateurs, la ville passe à la verbalisation directe des incivilités. L’efficacité du dispositif dépendra toutefois de sa présence régulière dans les quartiers et de l’application uniforme des sanctions dans les seize arrondissements.
La présidente du Conseil communal, Nabila Rmili, a annoncé que la «Police de la propreté» est désormais opérationnelle. Au total, 130 fonctionnaires ont été mobilisés et assermentés afin de constater les infractions, dresser des procès-verbaux et sanctionner les dépôts de déchets dans l’espace public.
Le dispositif repose sur une modification de l’arrêté fiscal communal n°01/2018, adoptée lors d’une session extraordinaire tenue en décembre 2025. Les agents effectueront des patrouilles d’inspection dans les quartiers de Casablanca et pourront s’appuyer sur les caméras de surveillance installées dans les artères de la ville pour documenter les infractions.
100 DH pour un dépôt sauvage, 200 DH en cas de récidive
Un particulier surpris en train de jeter des ordures sur la voie publique ou en dehors des conteneurs prévus devra payer une amende de 100 dirhams. Le montant sera porté à 200 dirhams en cas de récidive.
Les entreprises et les grands producteurs de déchets risquent des sanctions plus élevées. Les dépôts illicites de déchets industriels, commerciaux ou inertes dans l’espace public seront punis d’une amende comprise entre 500 et 1.000 dirhams.
Le barème établit ainsi une distinction entre les gestes individuels et les dépôts issus d’activités professionnelles. Il donne également aux agents un cadre pour intervenir immédiatement, alors que de nombreux dépôts sauvages restaient jusque-là traités essentiellement par des opérations de nettoyage.
Le contrôle ne remplace pas le service de collecte
La verbalisation cible les comportements qui dégradent l’espace public. Elle ne dispense cependant pas la commune et ses délégataires de maintenir des conteneurs accessibles, des fréquences de collecte adaptées et un traitement rapide des points noirs.
La mesure sera donc jugée sur deux résultats complémentaires : la baisse des infractions commises par les habitants et les entreprises, mais aussi l’amélioration visible et durable de la salubrité dans l’ensemble des quartiers.
Avec Le360
