Le Maroc se retrouve confronté à une situation sanitaire préoccupante : plus de 100.000 cas de morsures ou de griffures sont enregistrés chaque année et la rage coûte la vie à 33 personnes. Ce fléau longtemps traité par des campagnes d’abattage évolue aujourd’hui vers une approche fondée sur la science, le bien-être animal et la prévention durable.
Cette nouvelle politique s’appuie sur un dispositif coordonné entre l’Intérieur, la Santé, l’ONSSA et l’Ordre des vétérinaires. L’objectif est clair : limiter la prolifération des animaux errants, sécuriser les espaces urbains et réduire la transmission des maladies telles que la rage, la leishmaniose ou les infections liées aux kystes hydatiques.
Le cœur de cette stratégie repose sur trois piliers : la stérilisation, la vaccination et le marquage. Un réseau de centres d’accueil et d’élevage est en cours de développement à travers le pays, avec plus de vingt sites programmés. Certains arrivent à maturité, notamment à Casablanca, Tanger, Marrakech, Agadir ou encore Oujda, où les chantiers frôlent les 90% de réalisation. D’autres, comme Kénitra ou Sidi Slimane, accusent encore du retard mais sont intégrés dans la même feuille de route.
Salé figure parmi les villes pilotes. Un centre régional y a été inauguré, dédié à la prise en charge temporaire des animaux, aux soins spécialisés et aux campagnes de vaccination. L’établissement se veut exemplaire d’un dispositif équilibré entre sécurité publique et respect du vivant.
Autre innovation annoncée : un complexe vétérinaire mobile testé à Kénitra. Son rôle est d’intervenir au plus près des besoins sur le terrain, notamment lors de campagnes intensives. Vaccinations, stérilisations, suivi sanitaire et accueil provisoire : la formule vise à apporter davantage de réactivité, tout en réduisant les risques liés aux déplacements massifs d’animaux.
Ce changement de cap illustre une volonté assumée : sortir d’une logique purement répressive pour installer une gestion durable du risque sanitaire. La lutte contre les chiens errants devient ainsi un marqueur de responsabilité sociale autant qu’un enjeu de santé publique. Et derrière les chiffres alarmants, une réponse structurée se met enfin en place.
Avec Al Akhbar

