Porté par la vigueur des marchés européens historiques et par la montée en puissance des liaisons long-courriers, le tourisme marocain signe en 2025 une performance exceptionnelle. Selon les données reprises par L’Économiste à partir des statistiques de l’Observatoire du tourisme, le Royaume a accueilli près de 18 millions de touristes internationaux à fin novembre, un chiffre qui devrait dépasser les 19,8 millions en intégrant les arrivées de décembre.
Sur les onze premiers mois de l’année, les établissements d’hébergement touristique classés ont enregistré 39,8 millions de nuitées, en hausse de 9% par rapport à 2024. Cette progression confirme non seulement la reprise post-crise, mais aussi un allongement des durées de séjour dans plusieurs destinations clés, traduisant une consolidation structurelle de l’activité touristique.
La France reste locomotive, l’Europe tire la croissance
Sans surprise, la France conserve son statut de premier marché émetteur vers le Maroc. À fin novembre, les arrivées françaises ont atteint 5,2 millions, en progression de 11%, représentant 29% des parts de marché. Ces chiffres s’appuient sur le nouveau modèle d’estimation de l’Observatoire du tourisme, aligné sur les standards internationaux et fondé sur les déclarations d’un échantillon représentatif d’établissements classés.
L’Espagne se positionne au deuxième rang avec 4,1 millions de visiteurs, affichant une croissance de 13% sur un an. Le Royaume-Uni complète le podium, avec 1,2 million d’arrivées et une hausse particulièrement dynamique de 20%, confirmant l’impact positif du renforcement des liaisons aériennes et de l’attractivité croissante du Maroc sur ce marché.
D’autres marchés européens confirment cette tendance haussière, notamment les Pays-Bas, la Belgique, l’Italie et l’Allemagne, tandis que les marchés canadien et américain poursuivent leur progression, soutenus par l’ouverture de nouvelles lignes long-courriers et l’arrivée de compagnies nord-américaines.
Marrakech en tête, Agadir et Casablanca accélèrent
Sur le plan territorial, Marrakech et Casablanca dominent largement les flux internationaux, suivies par les points d’entrée terrestres de Sebta/Beni Anzar et Tanger Med. À fin novembre, l’aéroport d’Agadir Al Massira a accueilli 1,2 million de passagers internationaux, tandis que Marrakech Ménara a enregistré 4,33 millions d’arrivées.
La ville ocre confirme son rôle de locomotive du tourisme national. Dès novembre, Marrakech a dépassé 12,4 millions de nuitées, franchissant avant la fin de l’année le record établi en 2024. Elle concentre désormais 31% des nuitées nationales, illustrant son attractivité constante auprès des clientèles internationales.
Dans la région Marrakech-Safi, les performances restent solides. Essaouira totalise 1,1 million de nuitées sur onze mois (+6%), tandis que la province d’Al Haouz enregistre 1,2 million de nuitées, en hausse de 5%, malgré un contexte encore marqué par les conséquences du séisme.
Des destinations urbaines et balnéaires en pleine dynamique
Agadir réalise également une année remarquable, avec 7,4 millions de nuitées à fin novembre, soit une progression de 11%, confirmant son attractivité balnéaire auprès des marchés européens et nationaux. Casablanca, pour sa part, affiche l’une des croissances les plus soutenues, avec 2,8 millions de nuitées (+15%), portée par son positionnement de hub économique, d’affaires et de congrès.
Une dynamique appelée à se consolider
L’ensemble de ces indicateurs confirme que 2025 s’impose comme une année de référence pour le tourisme marocain. La diversification des marchés émetteurs, le renforcement de la connectivité aérienne et la solidité des grandes destinations urbaines et balnéaires constituent les principaux moteurs de cette performance.
Au-delà des chiffres, cette dynamique traduit la montée en maturité de l’offre touristique nationale et la capacité du Maroc à capter des flux internationaux diversifiés, dans un contexte mondial pourtant marqué par l’incertitude économique et géopolitique.
Avec L’Economiste

