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Transferts des MRE : le seuil de 89 milliards de dirhams franchi à fin août

Les transferts des Marocains résidant à l’étranger continuent de changer d’échelle. En huit mois, ils ont dépassé 89 milliards de dirhams, confirmant le poids de ce flux dans les comptes extérieurs du Royaume et, surtout, dans les ressources reçues par de nombreux ménages.

D’après les données de l’Office des Changes relayées par H24Info avec la MAP, les envois de fonds des MRE ont atteint 89,215 milliards de dirhams à fin août 2026, contre 81,846 milliards de dirhams un an auparavant. La progression ressort ainsi à 9%.

Une hausse qui doit être lue à l’échelle des ménages

Le chiffre agrégé est spectaculaire, mais il recouvre des milliers de transferts destinés à la consommation courante, au logement, à l’éducation ou à l’épargne des familles. La hausse de 9% mesure l’évolution du flux global ; elle ne dit pas, à elle seule, comment ces montants se répartissent ni dans quelle mesure ils compensent la progression des dépenses supportées par les bénéficiaires.

C’est le premier non-dit du chiffre : un record de transferts ne signifie pas automatiquement une amélioration équivalente du pouvoir d’achat. Pour l’apprécier, il faudrait rapprocher l’évolution des montants reçus de celle des prix, des frais de transfert et du nombre de ménages bénéficiaires.

Voyages et investissements progressent aussi

Le bulletin de l’Office des Changes montre que les transferts des MRE ne sont pas le seul indicateur en hausse. L’excédent de la balance des voyages s’est établi à 74,621 milliards de dirhams, en progression de 10,8% sur un an. Les recettes de voyage ont augmenté de 9,7% pour atteindre 97,926 milliards de dirhams, tandis que les dépenses ont avancé de 6,6% à 23,305 milliards.

Le flux net des investissements directs étrangers a, de son côté, progressé de 65% à 34,334 milliards de dirhams. Cette évolution résulte d’une hausse de 17% des recettes, à 47,318 milliards de dirhams, et d’un recul de 33,9% des dépenses, ramenées à 12,984 milliards.

Les investissements directs marocains à l’étranger affichent pour leur part un flux net de 6,667 milliards de dirhams, contre 2,358 milliards à la même période de 2025.

Le volume ne règle pas la question du coût

Pour le consommateur, la question centrale demeure celle du montant effectivement reçu après conversion et commissions. Plus les transferts augmentent, plus la transparence sur les frais, les taux de change appliqués et les délais devient importante. L’efficacité de ce circuit ne se mesure pas seulement en milliards comptabilisés, mais aussi en dirhams réellement disponibles pour les familles.

Pour rappel, les transferts des MRE figurent depuis longtemps parmi les grands flux suivis par l’Office des Changes aux côtés des recettes de voyage et des investissements. Le cap des 89 milliards de dirhams à fin août prolonge cette histoire. Il remet aussi au premier plan une question très concrète : comment préserver au mieux la valeur de chaque transfert entre son émission à l’étranger et sa réception au Maroc ?

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