Automobile: le PLF 2027 renchérit la taxe de luxe et immobilise 5% de la valeur des importations

Taxer davantage les véhicules chers peut sembler indolore pour le consommateur moyen. Mais le PLF 2027 ajoute à cette hausse une avance de 5% sur les marchandises importées pour être revendues en l’état, une mesure qui touche directement la trésorerie des distributeurs automobiles.

Le premier changement concerne le droit de timbre proportionnel appliqué depuis 2014 aux véhicules neufs dont la valeur dépasse 400.000 dirhams hors TVA. Le barème, jusqu’ici compris entre 5% et 20%, passerait à 6%, 12%, 18% et 24%. Selon la tranche, le surcoût représente donc un à quatre points supplémentaires.

Le client supportera une partie du surcoût

L’Association des importateurs de véhicules au Maroc distingue l’impact payé par l’acheteur de celui supporté par le distributeur. Pour les modèles dont le prix reste inférieur à 800.000 dirhams hors TVA, concessionnaire et client pourraient partager l’effort. Au-delà d’un million de dirhams, l’arbitrage commercial devient plus difficile.

Le nouveau barème peut aussi modifier les achats de fin d’année. Certains clients pourraient chercher à prendre possession de leur véhicule avant son entrée en vigueur. À plus long terme, ils pourraient différer leur achat, réduire leur budget ou descendre en gamme.

Une avance récupérable, mais une trésorerie bloquée

La deuxième mesure prévoit une avance de 5% sur la valeur en douane des biens importés pour être revendus en l’état. Elle ne constitue pas automatiquement une taxe définitive : elle est imputable sur l’impôt dû et peut être restituée.

Le problème tient au moment du prélèvement. Les distributeurs financent déjà les stocks, le transport international, le dédouanement et la logistique avant la vente. L’avance ajoute donc une immobilisation de liquidités à un métier fortement consommateur de capitaux.

Pour les nouveaux entrants, le mécanisme serait maintenu pendant 60 mois avant une éventuelle levée conditionnée à la régularité fiscale. L’AIVAM demande que les modalités d’application n’assèchent pas les fonds de roulement des opérateurs déjà identifiés et en règle.

Avec Les Inspirations Éco

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