
Le Mondial 2030 impose à Casablanca d’accélérer ses infrastructures, mais il ne suspend pas les règles de prudence budgétaire. La commune étudie un emprunt extérieur de 2,5 milliards de dirhams pour financer la voirie, les accès et les autres chantiers attendus avant la compétition.
Le besoin d’investissement immédiat est évalué à environ 800 millions de dirhams pour le seul budget d’équipement de 2027. Les recettes propres de la ville ne permettraient pas de couvrir à elles seules ces dépenses.
Le fonctionnement absorbe l’essentiel des ressources
Le projet de budget communal fait apparaître plus de 5,35 milliards de dirhams de dépenses de fonctionnement. Les remboursements d’emprunts doivent atteindre 426,28 millions de dirhams.
Le budget a pourtant augmenté de deux milliards de dirhams depuis 2022. Cette progression reste insuffisante face aux dépenses obligatoires, qui absorbent la quasi-totalité des ressources et continuent de croître.
Le conseil communal reste partagé
L’option de l’emprunt n’a pas recueilli l’unanimité au sein du bureau dirigeant. Une partie des responsables redoute de nouveaux engagements financiers. Une autre demande de trancher rapidement afin de lancer les procédures auprès d’institutions financières internationales.
Les partisans du financement avancent un ratio d’endettement actuel limité à 8% du budget. Les réserves portent sur le coût du prêt, ses conditions, son calendrier de remboursement et son effet sur les budgets futurs.
Le patrimoine communal comme autre ressource
La valorisation des biens fonciers et commerciaux de la ville figure parmi les solutions envisagées pour renforcer les recettes propres. Le débat doit donc préciser à la fois le coût des projets, les recettes attendues du patrimoine et les conditions de l’éventuel emprunt.
Sans cette vision consolidée, le financement des travaux du Mondial risquerait de déplacer la charge vers les exercices suivants plutôt que de résoudre durablement les contraintes budgétaires de la métropole.
Avec Assabah
