Prix alimentaires: l’État veut moderniser 12 marchés de gros et raccourcir les circuits de distribution

Entre le prix payé au producteur et celui supporté par le consommateur, le problème marocain ne se limite plus à la production. Il se situe aussi dans le parcours du produit, la multiplication des intermédiaires et le fonctionnement des marchés de gros. Le gouvernement place donc les circuits de distribution au centre de sa réponse à la hausse des prix alimentaires.

Lors des discussions générales du projet de loi de finances 2027, Fouzi Lekjaa a présenté une stratégie articulée autour de trois axes : l’encadrement des exportations alimentaires, la modernisation de douze marchés de gros et la réorganisation des liens logistiques entre les bassins de production et les centres urbains.

Les besoins du marché intérieur replacés dans l’arbitrage

Après sept années consécutives de sécheresse, les capacités de production agricole ont été fragilisées et l’approvisionnement de certains marchés perturbé. Dans ce contexte, le ministre juge nécessaire de rechercher un équilibre entre la progression des exportations et la satisfaction des besoins de la consommation nationale.

Il écarte toutefois un retour à l’ancien modèle de gestion étatique incarné par l’Office de commercialisation et d’exportation. L’objectif affiché n’est pas de reprendre directement le commerce des produits agricoles, mais d’encadrer les flux lorsque l’offre nationale devient insuffisante et que les prix augmentent fortement.

Douze marchés de gros appelés à être modernisés

Le deuxième axe porte sur la rénovation de douze marchés de gros répartis à travers le Royaume. Leur fonctionnement actuel est présenté comme l’un des facteurs qui renchérissent les produits entre la sortie de l’exploitation et l’achat par le ménage.

L’État veut améliorer la fluidité des échanges et la connexion entre zones de production et zones de consommation, sans intervenir dans les opérations quotidiennes d’achat et de vente. Les commerçants conserveraient ainsi la liberté de choisir leurs fournisseurs et de fixer leurs prix dans un cadre concurrentiel.

Le consommateur attendra surtout de cette réforme une conséquence vérifiable : une réduction de l’écart entre le prix agricole et le prix de détail. La modernisation matérielle des marchés ne suffira pas si les coûts, les volumes et les marges restent difficiles à suivre.

Des sociétés régionales pour réduire les surcoûts logistiques

Le gouvernement étudie également la création de sociétés régionales chargées de mieux relier les producteurs aux grands centres urbains. Ce dispositif doit rationaliser le parcours des denrées et corriger l’écart entre les modalités de facturation et les dépenses réellement engagées sur le terrain.

La réforme doit aussi couvrir les viandes et les poissons, dont les contraintes de production, de transport, de stockage et de distribution nécessitent des réponses spécifiques. Le gouvernement estime donc que la lutte contre la cherté de la vie ne peut reposer uniquement sur les restrictions d’exportation ou la rénovation des infrastructures.

La transparence restera le test décisif

L’ambition annoncée consiste à restructurer les relations entre producteurs, transporteurs, grossistes et détaillants sans remettre en cause la liberté d’entreprendre. Le ministre s’est dit disposé à examiner les amendements et propositions des parlementaires pour compléter le dispositif.

Le véritable test sera celui de la transparence. Pour que le plan protège effectivement le pouvoir d’achat, il devra permettre de suivre le prix à la production, le coût du transport, les frais du marché de gros et la marge appliquée au détail. Sans cette visibilité, les dysfonctionnements risquent simplement de se déplacer d’un maillon à l’autre.

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