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Tomates: le Maroc suspend temporairement les exportations vers l’Afrique pour contenir les prix

Lorsque la tomate devient inaccessible sur le marché intérieur, l’exportation cesse d’être uniquement une performance commerciale et devient un arbitrage de souveraineté alimentaire. Le Maroc a suspendu temporairement ses expéditions vers les marchés africains afin d’augmenter l’offre locale et de freiner la hausse des prix.

La décision a été confirmée par Lahoucine Aderdour, président de la Fédération marocaine des producteurs et exportateurs de fruits et légumes, ainsi que par une source gouvernementale. Les exportations vers l’Europe, où les tomates sont vendues plus cher, ne sont pas concernées.

Une productivité en baisse dans le Souss-Massa

La tension sur les prix est attribuée au recul de la productivité dans le principal bassin de production, ainsi qu’au renchérissement des engrais et du carburant. La suspension doit rester temporaire et les expéditions vers l’Afrique devraient reprendre après la normalisation du marché.

Le Maroc avait déjà restreint certaines exportations de produits frais lors de précédentes flambées. Cette fois encore, l’objectif est de réorienter rapidement des volumes vers les consommateurs nationaux.

Un remède d’urgence, pas une politique agricole

La mesure peut détendre les prix à court terme, mais elle expose les exportateurs au risque de perdre des clients réguliers au profit d’autres fournisseurs. Elle révèle surtout l’absence d’un mécanisme permanent permettant de concilier engagements extérieurs et approvisionnement national.

La véritable question reste celle de la répartition de la valeur : prix payé au producteur, coût des intrants, transport, intermédiaires et prix final. Suspendre l’exportation agit sur les volumes disponibles ; cela ne résout ni la baisse des rendements ni les dysfonctionnements de la distribution intérieure.

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