L’importation devait être un amortisseur provisoire face à la flambée de la viande rouge. Elle devient peu à peu une composante structurelle de l’approvisionnement marocain, alors que la reconstitution du cheptel national prendra plusieurs années.
Au 15 octobre 2026, le Maroc avait épuisé son quota annuel de 300.000 bovins vivants destinés à l’abattage. Ces importations ont bénéficié d’une exonération de droits de douane et de TVA jusqu’au 31 décembre.
Le Brésil capte plus de 90% du marché
Le Brésil représente plus de 90% des bovins importés. La valeur de ses exportations vers le Maroc est passée de 41 millions de dollars en 2024 à 213,5 millions en 2025, soit une hausse de 421%.
Cette progression intervient alors que le cheptel national aurait reculé d’environ 30% sous l’effet de la sécheresse, de la rareté des pâturages et du coût des aliments pour bétail. L’abattage prématuré de femelles reproductrices a également affaibli la capacité de renouvellement.
Le Portugal ajouté aux fournisseurs
Le marché portugais a été ouvert afin de réduire les délais et les coûts de transport par rapport aux cargaisons sud-américaines. Les autorités examinent aussi une éventuelle prolongation des exonérations en 2027.
Mais la diversification des fournisseurs ne répond qu’à l’urgence. Le consommateur jugera la politique sur le prix final en boucherie, tandis que l’éleveur attend un plan crédible de reconstitution du cheptel. Sans ces deux résultats, l’exonération fiscale risque surtout de prolonger la dépendance.
Avec Le360
